The Memory Book

Memory bookAvatar Tomie (fond violet)
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Auteur: Lara Avery
Editeur : Lumen
Date de sortie : 12 mai 2016
Nombre de pages : 443
Format : Broché
ISBN : 978-2371020740
Statut : Tome unique

« Il faut se mettre dans la tête que les autres s’en fichent. Quelle que soit l’issue, échec ou réussite, personne ne va te donner une tape dans le dos pour te féliciter d’avoir passé la journée à étudier, à faire des recherches ou à écrire. C’est pour toi et toi seul que tu le fais. »

Synopsis :

On me dit que ma mémoire ne sera plus jamais la même, que je vais commencer à oublier des choses. Au début juste quelques-unes, mais ensuite beaucoup plus. Alors je t’écris, cher futur moi, pour que tu te souviennes !

Sam a toujours eu un plan : sortir première du lycée et filer vivre à New York. Rien ne l’en empêchera – pas même une anomalie génétique rare qui, lentement, va commencer à lui voler ses souvenirs, puis sa santé. Désormais, ce qu’il lui faut, c’est un nouveau plan.

C’est ainsi que naît son journal : ce sont les notes qu’elle s’envoie à elle-même dans le futur, la trace des heures, petites et grandes, qu’elle vit. C’est là qu’elle consignera chaque détail proche de la perfection de son premier rendez-vous avec son amour de toujours, Stuart. Le but ? Contre toute attente, contre vents et marées : ne rien oublier.

L’avis de Tomie :

Sam McCoy, dix-huit ans, a toujours eu un plan parfait pour son avenir : finir major de sa promotion et intégrer une prestigieuse université de New York pour y étudier le droit. Tellement concentrée sur son avenir, elle n’a jamais pris le temps de sortir avec un garçon. C’est d’ailleurs à peine si elle a pris le temps de se faire une amie. Son plan va se retrouver bouleverser par quelque chose qu’elle n’avait pas prévu : elle est atteinte de la maladie de Niemann-Pick de type C, une anomalie génétique rare qui va peu à peu la priver de ses souvenirs et du contrôle de son corps. Mais Sam refuse de se laisser abattre : si sa mémoire finira par lui faire défaut alors il n’y a plus qu’à consigner ses journées dans un dossier de son ordinateur afin de pouvoir les relire en cas de besoin. Rien ne se mettra entre elle et New York.

Le mot qui pourrait le mieux définir l’héroïne de The memory book c’est « ambitieuse ». Sam (ou Sammie) n’a jamais douté qu’elle parviendrait à atteindre ses objectifs tout comme elle ne doute pas un seul instant pouvoir être plus forte que la maladie et aller à l’université. Elle y croit avec tellement de force, tellement de conviction qu’on se met fatalement à y croire aussi. La maladie de Niemann-Pick de type C (ou NPC pour faire plus court) devient un simple obstacle entre elle et son rêve. Comme si une bonne organisation et suffisamment de conviction suffixeraient à la vaincre, à passer au-dessus pour pouvoir continuer tranquillement comme avant. Le déclin de Sam commence vraiment tout doucement donc on oublie vite qu’elle est atteinte de NPC. Même ses visites chez le spécialiste ne m’ont pas fait frémir tant je croyais en Sam. Il me semble n’avoir jamais accroché aussi vite avec une héroïne. On ne se ressemble pas vraiment elle et moi, mais elle m’a embarqué dans son quotidien en une fraction de seconde. Elle est banale, insignifiante aux yeux de ses camarades, doté d’une ambition démesurée même pour sa propre famille, et pourtant elle parvient à nous intéresser. Peut-être par son manque de connaissances en matière de relation sociale ou sa passion pour le Seigneur des anneaux (dont le roman est parsemé de références !).

Face à sa NPC, Sammie réagit comme avec tout le reste : elle étudie le sujet puis prépare sa contre-attaque. A chaque argument du spécialiste, elle en avance un autre. Par exemple le fait qu’elle soit un cas extrêmement rare puisque cette maladie se développe habituellement chez les plus jeunes signifie que personne ne peut dire comment la maladie va évoluer donc Sam continue d’y croire, et de par le fait nous aussi. Donc quand la réalité frappe, quand Sam réalise qu’elle peut ne pas gagner ce combat, le ton de The memory book devient brusquement moins léger. Les hypothèses n’en sont plus tout à fait, on réalise que tout ça est bien réel. J’aime vraiment ce côté de l’histoire. Autant je me suis laissé emporter par la conviction de Sam, autant la réalité m’a frappé de plein fouet. Exactement comme l’héroïne. Bien entendu tout au long de ma lecture je me suis demandé quelle serait l’issue finale de cette histoire. Je suis une grande optimiste, c’est un fait que je ne peux pas changer, donc j’ai voulu croire qu’il y aurait une happy end. J’ai voulu croire que Sam gagnerait. Je ne vous dirai pas ce qu’il en est réellement pour ne pas vous gâcher le plaisir de vivre les mêmes émotions que Sam.

Étrangement, ce livre ne vous pousse pas à mordre la vie à pleine dent, il ne vous donne pas envie de prendre votre sac à dos et de partir vivre au jour le jour le temps qu’il vous reste, comme peut le faire First Love par exemple. Parce que même si Sammie a potentiellement une épée de Damoclès au-dessus de la tête, elle ne va pas partir à la découverte du monde, sauter en parachute ou aller voir le Grand Canyon. Ce n’est pas le but de ce livre et je trouve ça dommage. Qui ne s’est pas demandé au moins une fois ce qu’il ferait s’il devait mourir dans deux semaines, dans six mois ? Sam choisit de continuer à étudier, à utiliser ses capacités cognitives, de passer du temps avec Stuart et avec sa famille. C’est quelque chose que je peux comprendre mais ce n’est pas comme ça que je réagirais. Je voudrais tout voir une dernière fois, me rendre dans les endroits qui m’ont marquée, relire mes livres préférés. Je ne resterais pas là sagement à attendre. Mais Sammie apprend à lâcher prise, à ne plus vouloir contrôler tout ce qui l’entour. Il y a une véritable transformation. Il y a aussi ses confrontations avec ses parents, qui pensent faire ce qu’il y a de mieux pour elle. Afin d’assurer sa sécurité ils ne veulent plus entendre parler de New York mais Sam réagit très mal à cette idée. Lui enlever ce rêve est tout simplement impossible et mon cœur s’est serré plus d’une fois face à leurs discussions où chacun campait sur ses positions.

Le fait de rester chez elle a au moins un côté positif : elle va enfin pouvoir vivre sa première romance. Et pas avec n’importe qui, avec celui qui la fait craquer depuis le début du lycée : Stuart Shah. Je reconnais que j’ai un peu tiqué sur cette relation. Sammie nous dit être amoureuse mais je ne l’ai pas ressenti. Il n’y a pas d’étincelles entre eux. Leur romance a pourtant commencé de façon plutôt inattendue étant donné la timidité de Sam. Stuart n’est pas un mauvais personnage mais je l’ai trouvé trop lisse, trop fade. Comme le dit si bien Cooper (le voisin et ami de Sam), Stuart joue les écrivains maudits quand sa famille possède trois résidences secondaires. Et puis écrivain, écrivain, … J’aimerais bien savoir ce qu’il écrit, moi ! Le problème de ce personnage est qu’il n’a pas de défaut. A partir de là je peux difficilement m’attacher à lui parce qu’il tombe aussitôt dans la catégorie des Gary Stu à mes yeux et devient fatalement encore moins intéressant (oui c’est du racisme envers les personnages parfaits, j’en suis consciente). J’ai supporté sa présence jusqu’à un certain moment clé de l’histoire (non, je ne dévoilerai rien !) et à partir de là j’ai commencé à me dire que l’auteur avait fait tout ça intentionnellement, qu’elle ne voulait pas qu’on s’attache trop à Stuart.

Ce qui me plait dans The Memory Book c’est que pour une fois la narration à la première personne est réellement à la première personne. Sam écrit sans fioriture, sans chercher à faire de belles phrases. Elle écrit comme ça lui vient, sans réserve, exactement comme on le ferait avec un journal intime (du moins je suppose, je n’ai jamais été fichue d’en tenir un). De ce fait chaque chapitre semble différent. Les plus poignant sont, selon moi, ceux où la maladie s’empare de Sam, la désoriente, lui font perdre sa mémoire mais aussi le sens de la réalité. Ils sont poignants tant ils sont crus. Le « pire » reste sans aucune doute le tout dernier, celui qui vous prend aux tripes et vous colle les larmes aux yeux pendant que dans votre esprit résonne une litanie de « non, non, non, pitié non ».

The Memory Book nous fait passer par toutes sortes d’émotions. On rit, on s’inquiète, on espère, on y croit, on a les larmes aux bords des yeux, … Tellement d’émotions en une seule journée, ça fait beaucoup ! Le roman n’est pas exactement addictif mais la construction des chapitres fait qu’on les enchaîne sans même s’en apercevoir. Et pour une fois dans ce genre de livre, je ne changerai pas la fin. C’est dire si l’auteur a bien su s’y prendre ! Pas un coup de cœur parce qu’il me manque un petit truc, mais une très, très bonne lecture pleine de sensibilité.

8/10

2 комментария к “The Memory Book”

  1. Quand j’ai vu le résumé de ce livre, ça m’a intriguée et je l’ai emprunté. Maintenant que je vois ton avis, j’ai hâte de le lire !
    D’après ce que tu écris sur Stuart, il y a de forte chance que je pense comme toi, quand les personnages sont trop lisse je trouve que ça perd de son intérêt ^^
    Ce n’était pas prévu, mais je vais surement le lire cette semaine 🙂

    1. J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire malgré sa fin 🙂
      Pour Stuart, le fait qu’il soit aussi lisse a fini par trouver son explication. Du moins à mes yeux 🙂 J’aime à penser que l’auteur a fait en sorte qu’on ne s’attache pas vraiment à lui. Du moins c’est comme ça que je l’ai ressenti !
      Hâte de lire ton avis sur ce livre 😉

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