La quatrième fée

La quatrième féeAvatar Tomie (fond violet)
*
*
*

 

Auteur: Brigitte Guilbau
Editeur : Lilys
Date de sortie : 15 juin 2016
Nombre de pages : 198
Format : PDF
ISBN : 978-2930848112
Statut : Tome unique

« En roulant, elle pensa encore une fois à ce Superman et se dit que la grandeur de Christopher Reeve ne fut pas dans le jeu d’acteur du super-héros capable de voler dans les airs par lui-même et de sauver le monde mais bien dans son humilité à combattre la maladie et l’offrir en partage aux autres. »

Synopsis :

Une légende vietnamienne raconte l’histoire de trois fées.

La première veille sur l’embryon, le fœtus et la mère pour leur donner force et vigueur pendant la grossesse. La deuxième fée s’occupe de la naissance pour que la mère soit libérée rapidement et que l’enfant vienne au monde en bonne santé

La troisième apparaît quand vient l’heure de mourir : elle nous aide à passer la porte vers ce monde que l’on dit meilleur, à nous donner le courage et à nous apaiser.

Qu’arriverait-il si, par un rendez-vous insoupçonné, une quatrième fée venait faire trébucher cette dernière ?

L’avis de Tomie :

A vingt-quatre ans, Chelsea a déjà décidé qu’il n’y avait pas de place pour un homme dans sa vie. Déçue par ses anciennes histoires, elle préfère se consacrer à Beau, son cheval, et à l’équitation. Malheureusement Beau ne correspond pas aux standards des grands chevaux de courses, donc ils ont peu d’occasions officielles de montrer ce qu’ils valent réellement. Heureusement pour Chelsea et Beau, une course hippique caritative accepte des participants de tous horizons et les voilà parmi les concurrents. Mais trop confiante, Chelsea commet une erreur qui les fera chuter tous les deux, la faisant même sombrer dans l’inconscience.

J’avais vaguement croisé ce livre sur un blog ou deux. J’avais trouvé la couverture magnifique mais je n’étais pas du tout allée au delà. Donc lorsque j’ai vu ce titre disponible dans les partenariats proposés par NetGalley et les éditions Lilys (que je remercie d’ailleurs pour leur confiance), je n’ai pas hésité une seule seconde et j’ai postulé sans même lire quoi que ce soit à son sujet ! Pourquoi faut-il que je fasse encore et toujours cette erreur ?

Vous le savez maintenant, j’ai l’imagination plutôt fertile. Donc quand j’ai lu le résumé de La quatrième fée, je me suis aussitôt retrouvé embarquée dans une histoire fantasy (ou fantastique, peu importe) où l’héroïne serait – par un sort, le hasard, la main de Merlin, le destin, ou ce que vous voudrez – ressuscitée suite à la visite de cette quatrième fée dont aucune légende ne fait mention. Ou même une histoire de réincarnation, je n’étais pas bien fixée. Mais ce qui est sûr c’est que je m’attendais vraiment à tomber sur un livre de fantasy.

La chute n’en fut que plus rude. La quatrième fée et moi n’avons pas pris un bon départ, il faut bien l’avouer. En lisant les premières pages, je me voyais déjà plongée au cœur d’une énième histoire de cheval et d’adolescente un peu niaise qui ne voit que par l’équitation. Je ne suis jamais parvenue à m’intéresser aux chevaux malgré mes tentatives, pardonnez-moi. Et comme la description de la relation entre Chelsea et Beau m’a paru peu réaliste (très belle et très forte, mais absolument pas crédible aux yeux de l’hérétique que je suis en matière de cheval), ça n’a fait que renforcer mon idée première d’un livre empli de fantastique. Je poursuivis ma lecture, tournant mes pages, attendant que se pointe enfin ce fichue sursaut de fantasy, cet éclair de magie qui ferait enfin basculer cette histoire. Et, oserais-je l’écrire, qui l’a rendrait enfin intéressante. Malheureusement pour moi, ce moment n’est jamais venu.

Donc La quatrième fée, qu’est-ce que c’est ? C’est un livre qui pose des questions, qui propose des débats, qui met en lumière des faits que la plupart des gens préfèrent ne pas aborder par gêne ou par simple volonté de ne pas en parler maintenant pour ne pas se porter la poisse (ce qui revient à ne jamais aborder le sujet, au final). Le plus gros questionnement que propose ce livre porte sur le fait de garder ou non une personne sous machines lorsque le cerveau est déjà perdu. On ne pense jamais à en parler autour de soit de peur d’attirer le mauvais œil ou simplement en se disant qu’on aura bien le temps plus tard, lorsque l’occasion se présentera. Mais parfois l’occasion ne se présente jamais. Ici nous avons Natacha qui, après l’accident de sa fille Chelsea, doit décider si oui ou non il faut la débrancher. C’est un sujet traité avec une grande sensibilité. On ne peut pas ne pas vouloir serrer Natacha dans nos bras pour la soutenir, la consoler. On comprend incontestablement sa volonté de ne pas débrancher sa fille, son espoir qui refuse de s’éteindre, son égoïsme à vouloir la garder près d’elle encore un peu, même si elle n’est plus qu’une coquille vide. Les étapes du deuil sont bien là, on suit Natacha à travers son calvaire, on la regarde marchander, refuser la réalité, pleurer, nier, accepter. Jusqu’au bout j’ai espéré ce petit sursaut de fantasy qui ramènerait Chelsea et qui ferait entrer en scène la fameuse quatrième fée. J’ai nié la réalité, tout comme Natacha.

Certains diront que le thème central de ce livre concerne le don d’organes mais je ne suis pas d’accord. Ce deuxième questionnement arrière bien plus tard et surtout n’est pas traité avec autant de temps et de pertinence. Une fois que Natacha a accepté de laisser partir sa fille, la question du don d’organes ne se pose pratiquement pas (comparativement parlant). Et surtout, à mes yeux il n’y a pas eu de réel suspense à ce sujet puisque l’auteur a ajouté quelques éléments inattendus mais logiques pour faire avancer l’histoire (comme la réapparition d’un ancien amour de jeunesse) qui font qu’on ne doute pas une seule seconde du choix que fera Natacha.

La quatrième fée est donc un roman touchant rempli de l’amour d’une mère pour sa fille. Le problème majeur c’est qu’il est également parasité par bien trop de débats. A travers presque deux cent pages, nous avons droit à : débrancher ou non une personne déclarée en mort cérébrale, la place des femmes dans la société, les différences homme/femmes, le don d’organes, la vision qu’à la société sur les mères célibataires, les réseaux sociaux, et bien d’autres encore. Honnêtement, ça fait beaucoup pour une seule histoire. Lorsque après un débat l’histoire reprenait enfin, je me laissais tranquillement porter (avec peu d’illusions concernant la fin une fois fait mon deuil concernant mes attentes fantasy) mais lorsque je sentais poindre un nouveau débat, je ne pouvais pas m’empêcher de soupirer parce que je savais que viendraient à nouveau des tonnes d’arguments pour ou contre cet énième duel verbal. Duel que je n’avais pas envie de lire puisque je sortais à peine d’un autre. Duels qui n’en n’étaient parfois pas vraiment tant les arguments sont peu nombreux. Le pire est que tous ces débats (qui n’en sont pas vraiment puisque l’auteur semble prêcher la bonne parole) ralentissent considérablement l’histoire, ce qui fait que ma lecture m’a semblé très, très longue. Je suis ressortie de ce livre épuisée mais pas de la bonne façon. Je n’avais plus qu’une envie : me coller devant une série dont le scénario tiendrait sur un post-it pour être sûre de ne pas avoir à réfléchir à quoi que ce soit pendant au moins quarante minutes.

Je ne nie pas que Natacha est touchante et que ses émotions sont très bien retranscrites. Mais l’auteur a voulu mettre trop de choses dans son livre. Qu’elle relie le maintient de la vie artificiellement et le don d’organes est tout à fait logique, mais les autres débats auraient très bien pu se voir intégrer à une autre histoire, ce qui aurait considérablement allégé celle-ci.

La couverture et le résumé desservent le livre, incontestablement. Je doute sincèrement être la seule à mettre faite avoir en imaginant totalement autre chose. Donc forcément, dans ces conditions, la lecture ne peut pas être positive.

Et puis ma plus grande question une fois ma lecture terminée : que devient Beau, dans tout ça ? Chelsea l’adorait plus que tout et pourtant on ne sait pas ce qu’il advient de lui. Certes Natacha avait d’autres choses en tête mais pour l’amour de sa fille, presque comme pour respecter sa dernière volonté, je m’étais attendu à ce qu’elle trouve une autre famille pour Beau ou bien qu’elle le garde avec elle en souvenir de Chelsea.

En résumé, un beau témoignage malheureusement alourdi par la volonté de l’auteur de dire trop de choses en peu de temps. Et, pour moi, un mauvais choix marketing quant au résumé et à la couverture du livre.

Note : 4/10

2 комментария к “La quatrième fée”

    1. Crois-moi, je suis la première à regretter cette déception ! Ils ont fait de mauvais choix marketing, je n’en démordrai pas 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.