PhonePlay

phoneplay-757157Avatar Tomie (fond violet)
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Auteur : Morgane Bicail
Editeur : Michel Lafon
Date de sortie : 14 janvier 2016
Nombre de pages : 349
Format : Broché
ISBN : 978-2749928338
Statut : Tome unique

« Alors je reste là, regardant le bout de ma cigarette se consumer lentement et guettant les étoiles, espérant en voir une filante. J’en ai toujours rêvé. Voir un de ces astres semblant s’enfuir obstinément dans la nuit, comme s’il faisait le tour de la terre, pour rester dans la partie où il fait toujours sombre. Dans la partie cachée à jamais. »

Synopsis :

Un soir, Alyssa, dix-sept ans, reçoit un texto d’un mystérieux lycéen qui lui propose un jeu étrange : « devine qui je suis et je serai à toi ».
L’occasion pour la jeune fille de mettre enfin du piquant dans sa vie qu’elle juge d’un ennui mortel … Quitte à prendre des risques.
Jusqu’où Alyssa ira-t-elle pour un garçon dont elle ne sait rien ?

L’avis de Tomie :

Alyssa est une adolescente qui vient d’un milieu aisé. Elle s’ennuie dans sa grande maison avec ses parents absents, toujours plongés dans leur travail. Bien que petite fille modèle en apparences, elle tente de se rebeller en fumant des cigarettes et en assistant à toutes les soirées possibles, n’hésitant pas à boire à outrance. Un jour elle reçoit un étrange texto d’un parfait inconnu « devine qui je suis et je serai à toi ». Alyssa se retrouve intriguée et voit dans cette proposition l’occasion de se sortir de son quotidien barbant. Commence alors un échange régulier de sms entre elle et cet inconnu qu’elle a baptisé Lui où chacun apprendra à connaître l’autre.

Je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas aimé ce livre. Arrivée au premier tiers je n’étais toujours pas rentrée dans l’histoire et je désespérais de pouvoir un jour en venir à bout. Je l’avoue sans honte, j’ai sauté quelques pages ici et là tellement je m’ennuyais et ça n’a absolument pas gâché ma lecture, c’est dire à quel point il y a trop de passages inutiles dans ce livre. Peut-être est-ce l’héroïne, le contexte, ou tout simplement le sujet, je ne sais pas. Je n’ai rien à reprocher au style de l’auteur mais entre Phoneplay et moi, ça n’a pas marché.

L’idée de base était pourtant sympa. Un échange entre un mystérieux inconnu et moi me semblerait relativement romantique, après tout. Alors pourquoi est-ce que ça ne marche pas ici ? Tout simplement parce qu’aucun des deux ne connaît l’autre au départ. Pour moi un jeu de séduction par sms doit avoir un minimum d’intérêt. Je ne vais pas aller chercher le numéro d’un inconnu parce que je le trouve beau et jouer les femmes mystères juste pour voir si ça marche entre nous. Si je dois devenir une admiratrice anonyme, ce sera avec quelqu’un que je connais déjà, avec quelqu’un à qui je n’aurais jamais osé me déclarer autrement. Si Lui ne connaît pas Alyssa, pourquoi l’avoir choisi ? Réponse : parce qu’elle fait partie des plus belles filles du lycée. Ouais. Mais non. D’autant plus qu’il avoue lui-même qu’il y a eu dix-huit autres filles avant Alyssa. Avec une telle base, comment voulez-vous que je croie en une possible et sincère histoire d’amour ? Mais passons. Imaginons que Lui soit simplement désespéré à l’idée de trouver la femme de sa vie (s’il désespère déjà à dix-huit ans, j’ose pas imaginer à trente …) et qu’il ratisse large. Ça je peux éventuellement y croire. Mais il gâche tout au fil de ses échanges de sms. Je n’aime pas sa façon de parler (pas du tout dans le style adolescent), je le trouve trop pompeux et présomptueux. Et que dire de ces chapitres où nous avons droit à son point de vue ? Je pensais que l’auteur en profiterait pour nous attacher à lui, pour nous le montrer sous son meilleur jour, pour nous faire comprendre qu’il y avait plus derrière les mots qu’il utilise. Et au final non. Il n’y a qu’un gamin jaloux qui ne juge que sur les apparences et dont la principale ambition dans la vie est de faire tomber les filles amoureuses de lui sans jamais les aimer en retour. D’accord sur le final on apprend qu’il y a un peu plus que ça mais même cette seconde raison me semble stupide et franchement faiblarde. Même maintenant j’en garde l’image d’un garçon manipulateur, jaloux, possessif et égocentrique. Je n’ai donc pas du tout été convaincue par Lui et malheureusement il en va de même pour Alyssa.

Je n’ai rien contre le fait qu’elle fume, mais qu’elle le fasse juste pour protester face à ses parents toujours absent ? Là je dis non. On peut fumer pour un tas de raison mais certainement pas pour celle là. Surtout qu’elle semble bien accro, la Alyssa. Et puis si c’est un acte de rébellion, pourquoi s’en cacher ? Ça n’a aucun sens. Ce simple fait est l’exemple parfait de l’immaturité de l’héroïne alors que l’auteur elle-même nous la décrit comme mature. Ça et certaines de ses réflexions comme « la vache tu as dix-huit ans ? Tu peux rentrer en boîte quand tu veux alors ! » You-pi. Sans oublier Alyssa m’énerve à être aussi stupide avec sa meilleure amie. On peut vouloir ne pas partager ses pensées ou ses problèmes, mais là Alyssa est centrée sur elle-même pratiquement du début à la fin. On se demande même pourquoi l’auteur a pris le temps de lui faire des amis. Elle aurait été une solitaire, ça aurait eu le même impact sur l’histoire. Pareil pour Louis, dont je ne comprends pas l’intervention. A sa première apparition je me dis « tiens, Lui va les voir et va lui faire une scène de jalousie, ça pourrait être sympa ». Mais non. Louis va et vient, n’apporte aucun rebondissement à l’histoire et pas vraiment de soutien non plus à notre héroïne concernant son histoire avec Lui via portables interposés. L’apparition de Louis aurait pu être une pause, un moment détente au milieu de tout cet univers un peu glauque, mais les moments passés en sa compagnie m’ont profondément ennuyée.

Je pense que ce qui m’a empêché de vraiment rentrer dans l’histoire c’est le côté malsain du scénario. Non seulement je trouve le concept un peu bancal et Lui fait un peu psychopathe au début, mais en plus tout est parsemé de mensonges. Alyssa ment à Lui et Lui ment à Alyssa. Si elle a de pseudo bonnes raisons, lui n’en a aucune. Et le pire c’est qu’elle lui pardonne tout. Le problème aussi c’est que je ne crois pas en leurs échanges. Je n’avais pas espéré un langage « jeune » bourré de fautes de grammaire ou de syntaxe, mais là clairement, ça ne marche pas. La façon dont Lui s’adresse à Alyssa, ses tournures de phrases, … Je suis désolée mais je n’y crois pas. Et que dire de ses « chérie » qu’il balance à tout bout de champ ? Argh que je déteste ce petit nom ! Mais en plus qu’il décide de l’appeler comme ça dès leur premier échange, c’est juste bien trop étrange. Au risque de me répéter, comment voulez-vous que je croie à la sincérité de leurs sentiments avec un truc pareil ? Parce que non, je n’ai pas réussi à croire en la véracité de leurs sentiments. Malgré tous ces chapitres passés en compagnie d’Alyssa, je n’ai pas vu de transition, je ne l’ai pas vu passer de « moyennement intriguée » à « complètement amoureuse ». Idem pour Lui. Jusqu’au bout je me suis dit qu’il se jouait de l’héroïne, qu’il ne l’aimait pas réellement.

Quant à l’intrigue, ça n’en est pas vraiment une. Oui j’ai aimé émettre des hypothèses, m’interroger sur la véritable identité de Lui, mais Alyssa ne remplit pas sa part du contrat. Elle ne cherche pas à savoir qui il est avant le dernier quart du livre alors que je m’attendais à plus d’investigation, à plus de curiosité de sa part. A plus d’action, tout simplement. Et puis finalement ce mystère autour de l’identité de Lui est assez rapidement levé, du moins pour moi.

La fin en elle-même est trop lisse. Un certain personnage (que je ne révèlerai pas pour ne pas spoiler) vient leur mettre des bâtons dans les roues lorsqu’Alyssa commence à vraiment chercher qui est Lui. Et pourtant une fois que Lui s’est révélé au grand jour, le fauteur de trouble disparaît tout bonnement du paysage. Sans oublier toutes ces pages après la première rencontre IRL entre Alyssa et Lui. Je n’avais pas besoin de cette rencontre avec les parents et encore moins de cette lettre que Lui écrit à Alyssa. C’est niais, mielleux, ça sert à rien ça gâche tout en nous projetant brusquement dans une autre ambiance, presque dans un autre livre.

Il y a aussi une certaine confusion tout au long de Phoneplay, comme si l’auteur avait brusquement oublié certains détails de sa propre histoire. Exemple tout bête : on nous présente Alyssa comment étant une lycéenne d’Oxford (donc en Angleterre) et pourtant plus tard on apprend qu’elle étudie en réalité en France et que le fait de partir étudier en Angleterre ne l’intéresse pas plus que ça. Donc au final, où se déroule l’action ?

Vous allez me dire que l’auteur est jeune, bla bla bla. Ce à quoi je vous répondrais : c’est pas une raison. Si Michel Lafon a fait le choix d’éditer cette histoire, j’étais en droit de m’attendre à une certaine qualité, à des faits cohérents. La plume de l’auteur reste néanmoins bonne. A voire donc, ce que ça donnera dans quelques années avec un peu plus de pratique et de maturité.

Note : 2/10

2 комментария к “PhonePlay”

  1. Je ne l’ai pas lu, mais il ne m’attire pas du tout. En fait, le postulat de départ me dérange, de base. Dans la vraie vie, si on recevait ce genre de message, l’expéditeur serait directement sur liste noire et on se demanderait qui est ce pervers…
    (et puis, mais c’est très personnel, je trouve qu’à un moment où on essaie de sensibiliser au harcèlement, etc. ça fait complètement l’effet inverse).

    1. Je m’attendais vraiment à une lecture légère, à une petite romance sans conséquences. Au final la façon dont le sujet est traité est trop glauque pour moi. Et comme en plus je ne me suis pas attachée aux personnages … Et puis comme tu dis : sortir un livre pareil alors qu’on tente de sensibiliser les gens au harcèlement ? Pas un bon plan.

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