Mad Love

Mad LoveAvatar Tomie (fond violet)
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Scénario : Bruce Timm
Dessinateur : Paul Dini
Editeur : Urban Comics
Date de sortie : 11 décembre 2015
Nombre de pages : 166
Format : Intégral
ISBN : 978-2365778084
Statut : Tome unique

 

« Toutes mes excuses pour la gamine ! Aucun sens du style, aucun respect pour la propriété ! Je vais te dire … Faisons comme si rien ne s’était passé et on reprendra une autre fois. Ca te va ? »

Synopsis :

Difficile de rester une jeune femme indépendante et sûre d’elle-même quand on tombe folle amoureuse du plus brillant des déments de Gotham. C’est ce qu’apprend à ses dépens l’ambitieuse psychiatre Harleen Quinzel le jour où sa route croise celle du Joker, le pire ennemi de Batman. Dès lors, son destin est à tout jamais reliés à son « Poussin » qui, lui, n’a d’yeux que pour son grand œuvre : la mort spectaculaire du Chevalier Noir !

L’avis de Tomie :

Le Joker et son assistante Harley Quinn ont réussi à piéger le commissaire Gordon mais une fois de plus Batman intervient juste à temps et le sauve. Obligés de s’enfuir, le Joker se met aussitôt à élaborer un autre plan tandis que Harley a d’autres idées en tête. Malheureusement le Joker la repousse une fois de plus, affirmant qu’il n’a pas le temps pour ce genre d’activités, et Harley en arrive à la conclusion que si Batman est définitivement rayé de la surface de la Terre, l’élu de son cœur aura enfin du temps à  consacrer à leur relation. C’est décidé, Harley Quinn va tuer le chevalier noir.

Je ne peux que commencer par dire que Harley Quinn est un de mes personnages préférés ! Quand je pense qu’elle n’existait pas avant la série de 1992 … Je ne remercierai jamais assez Paul Dini de l’avoir créée ! Ca fait du bien de la voir en solo. D’accord le Joker est quand même dans les parages et le plan d’origine est de sa conception, mais pour le reste Harley agit seule et elle nous prouve qu’elle est plus que capable de se débrouiller ! La façon dont s’en sort Batman est presque risible mais hey, on reste dans l’ambiance de la série alors le scénario ne doit pas être trop pousser non plus.

C’est une histoire qui se laisse lire avec plaisir, ponctuée de gags et d’une bonne dose d’humour. Ne cherchez pas ici de grands plans rigoureusement élaborés et complexes qui auront pour but de s’emparer de Gotham ou de détruire le monde. Le scénario reste assez basique mais ça ne me pose aucun problème. A mes yeux le véritable intérêt de Mad Love c’est qu’on en apprend enfin un peu plus sur le passé de Harleen Quinzel. Quelques détails avaient été évoqués ici et là au fil de Batman, la série animée, mais rien de très approfondi. Nous avons droit ici à une évocation de sa vie universitaire et nous apprenons que même à cette époque elle était déjà prête à tout pour obtenir ce qu’elle voulait. Elle intègre par la suite l’équipe de psychologues de l’asile d’Arkham et y fait une rencontre qui bouleversera sa vie. Adieu Harleen Quinzel et bonjour Harley Quinn ! Parce que finalement Mad Love c’est ça, l’histoire d’un amour nocif, d’une femme éperdue mais dont les sentiments ne lui sont pas retournés et qui va suivre son aimé non seulement sur le chemin du crime mais aussi jusque dans la folie.

Sa détresse, son manque presque désespéré d’amour fait que je me suis encore plus attachée à Harley. Impossible de ne pas l’aimer, de ne pas vouloir l’aider quand le Joker la traite ainsi ! J’aimerais d’ailleurs énormément lire un jour une histoire où Harley prend son envol, ou du moins une histoire ou le Joker se rend enfin compte de son potentiel en tant que criminelle et qu’il cesse de la sous-estimer.

Graphiquement parlant le style de Mad Love peut en rebuter certains. Très « dessin animé », plus simplifié qu’élaboré, on est plus proche de la série tv de 1992 que Amère Victoire ou de La cour des hiboux. La couverture est d’ailleurs trompeuse parce que bien plus travaillée que le reste de l’œuvre. Mais ça ne m’a pas dérangé outre mesure, peut-être (ou pas) parce que cette série a bercé mon enfance, donc que je suis déjà attachée au style. Le côté enfantin du dessin entre parfois en contradiction avec le scénario. Par exemple il est presque déplacé de voir Harley en nuisette réclamer les attentions du Joker. Ou encore lorsque, plus loin dans l’histoire, on apprend qu’elle a séduit un professeur afin d’améliorer ses notes à l’université. Il y a une maturité dans le propos mêlant violence et amour qui va même jusqu’au suggestif. Un enfant n’y verra rien de choquant mais mon regard d’adulte a marqué une pause dans ma lecture et je me suis demandé si finalement c’était une bonne idée (même si de nos jours les enfants en voient bien plus que ça tous les jours à la télévision … Mon côté vieillot, sans doute ^^).

En supplément, l’album propose l’intégralité des crayonnés encrés, la mise en couleur initiale, ainsi que deux histoires courtes mettant en scène Poison Ivy et Batgirl. Les crayonnés auront au moins le mérite de m’avoir fait réaliser à quel point les choix des traducteurs sont parfois étranges et tellement loin de la V.O. Mais a part ça ? Honnêtement je suis un peu déçue. J’aurais préféré une autre histoire centrée sur Harley, peut-être aux côtés de Poison Ivy. Les deux mini histoires sur Poison Ivy et Batgirl sont peu développées et facilement oubliables. Dommage.

7/10

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