Ma raison d’espérer

Ma raison d'espérer

*Avatar Tomie (fond violet)
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Auteur : Rebecca Donovan
Editeur : Pocket Jeunesse
Date de sortie : 14 Octobre 2015
Nombre de pages : 608
Format : Broché
ISBN : 978-2823810998
Statut : Tome 2

« Comment laisser quelqu’un s’approcher de ce que j’affrontais difficilement moi-même ? La confiance n’avait rien à voir avec ça. Je n’étais pas capable de révéler mes secrets. A personne. Pas même à moi. »

Synopsis :

« Tu es le sens de ma vie, la raison de chacun de mes actes. Et je ne changerai ça pour rien au monde. »
Emma commence doucement à réapprendre à vivre aux côtés d’Evan et de Sara. Hantée par des cauchemars terribles, elle décide de donner une seconde chance à sa mère, qui l’a abandonnée, espérant trouver un sens à sa souffrance. Mais elle doit aussi affronter le regard des autres : ceux qui s’en veulent de ne pas l’avoir soutenue, ceux qui la jugent mais aussi ceux qui, surgissant de son passé, ont encore bien des révélations à faire sur sa vie d’avant …

L’avis de Tomie :

Attention il s’agit du tome 2, le contenu du tome 1 sera donc forcément spoilé !

Nous avions laissé Emma dans une situation plus qu’horrible et après des mois à avoir retenu notre souffle (petite touche d’humour noir), voici enfin la suite ! J’attendais ce livre avec beaucoup d’impatience, peut-être même un peu trop.

Ma raison d’espérer commence directement chez Sara, où Emma a élu domicile depuis les évènements du précédent tome. Un peu frustrée par cette ellipse, surtout qu’on ne nous en dit vraiment pas grand chose, mais on suit de nouveau Emma avec plaisir alors la frustration se dissipe rapidement. D’autant plus qu’Emma, bien que toujours un peu timide face aux parents de Sara, semble s’être bien habituée à sa nouvelle vie. Elle a une famille d’accueil qui l’aime, un petit ami plus qu’attentionné, une meilleure amie géniale. Alors pourquoi a-t-elle tout envoyé valser ? C’est, pour moi, le gros défaut de ce livre.

Tout allait bien dans la vie d’Emma et comme chacun le sait : le bonheur ennui le lecteur. S’il ne se passe rien, le livre n’a aucune raison d’être. Il fallait donc un élément déclencheur, un fait qui vienne bousculer sa nouvelle vie, et l’auteur a choisi pour ça quelque chose que je n’explique pas : faire revenir Emma chez sa mère, Rachel.

Je comprends l’idée de départ tout comme je suis consciente qu’il soit normal que Emma ait envie de renouer des liens avec celle qui l’a mise an monde mais la façon dont est amené l’évènement est très, très mal pensé. Du jour au lendemain, littéralement, Emma décide de retourner habiter chez sa mère qu’elle n’a pas vue depuis des années (hormis quelques micros moments que l’on peut compter sur les doigts d’une seule main). Emma prend sa décision sur un coup de tête et ne laisse pratiquement pas le choix à sa mère. Un simple coup de fil pour prévenir qu’elle arrive dans trois jours et hop, c’est réglé. Oui, mais non. J’aurais aimé voir les réflexions d’Emma sur le sujet, la voir peser le pour et le contre, mieux comprendre son cheminement de penser. De ce « simple » élément va découler toute une série de réactions en chaîne parfois prévisibles, d’autres fois non.

Le premier tome de cette saga est une merveille mais Ma raison d’espérer semble enchaîner les mauvais choix. Ce déménagement chez Rachel, alcoolique notoire ne l’oublions pas, ne peut pas être une bonne chose. Et malheureusement Emma l’apprend à ses dépends. Le pire est sans doute qu’elle trouve le moyen de culpabiliser lorsque sa mère, sous l’effet de l’alcool, se met à devenir violente. Jamais physiquement, non, mais les mots peuvent parfois faire bien plus mal que les poings. D’accord cette saga est basée sur la maltraitance mais après tout ce qu’elle a déjà vécu était-il vraiment nécessaire de lui faire endurer tout ça ? Et si dans Ma raison de vivre elle ne voulait pas dénoncer sa tante par amour pour son cousin et sa cousine, pourquoi ne dit-elle rien au sujet de sa mère ? Toutes deux se déchirent mais les sautes d’humeur (alcoolisées) de Rachel ont au moins le mérite de nous en apprendre plus sur l’enfance d’Emma, notamment sur le décès de son père et les raisons qui poussent Rachel à éprouver tant de ressentiment envers sa propre fille (même si elle nous jure que non).

De cette cohabitation avec sa mère découle un nouveau personnage et donc un nouveau problème : Jonathan. Rachel, croqueuse d’hommes à plein temps, fréquente depuis quelques jours quelqu’un de plus jeune qu’elle. Et dès le moment où elle présente Jonathan à Emma, on sent arriver les ennuis. Parce que Rachel ne voit pas Emma comme sa fille mais plutôt comme une amie/rivale, parce que Jonathan est plus proche (en âge) de Emma que de Rachel, parce que Jonathan a lui aussi vécu un drame et qu’il s’en sert pour se rapprocher d’Emma, parce que Emma commence à mentir aussi bien à sa mère, qu’à Evan ou à elle-même.

A plusieurs moments j’ai eu envie de refermer le livre en me disant qu’on nous avait dupé, que ce n’était pas le même auteur et certainement pas la même Emma. Si forte et combattive dans le premier opus, elle en devient presque léthargique, passive, dans le second. Sans parler de ce pseudo triangle amoureux ! Emma est naïve, oui, mais l’est-elle vraiment au point de ne pas se rendre compte que Jonathan veut plus que son amitié lorsque tout le monde finit par lui en faire la remarque à un moment donné ? Et comment peut-elle sérieusement douter ne serait-ce qu’une seconde entre Evan et Jonathan ? Certes Jonathan la comprend à un niveau qu’Evan n’atteindra peut-être jamais, mais comment le savoir si elle ne lui en laisse pas l’occasion ?

L’histoire reste intéressante et toujours aussi bien écrite mais on est loin de cette merveille que fut le premier tome. Quelques longueurs (surtout au début), pas mal de choix contestables, des amorces qui ne vont pas au bout (quel était l’intérêt de faire revenir Drew dans sa vie ?), un sentiment de fouillis face à ce mélange de situations/révélations, mais ce tome à au moins le mérite de nous en apprendre plus sur le passé d’Emma et surtout de la faire grandir. Du moins dans une certaine mesure parce que non, la fuite n’est pas une solution !

Il faut dire que le premier tome était une véritable gifle avec un sujet fort et l’attitude de Rachel (aussi horrible soit-elle) ne peut pas rivaliser avec celle de Carol. J’attends néanmoins le troisième tome avec impatience, ne serait-ce que pour voir si cette fois on aura l’histoire du point de vue d’Evan comme nous le laisse présager l’épilogue, et surtout voir si Emma saura accepter ses erreurs et les réparer.

Note : 5/10

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