Les Onze Mille Verges ou Les Amours d’un Hospodar

Les onze mille verges

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Auteur: Guillaume Apollinaire
Editeur: J’ai Lu
Date de Sortie: 1907
Nombres de Pages: 127
Format: Poche
ISBN: 978-2290305959
Statut: Tome unique

Mony Vibescu en la saisissant avait passé les mains sous son gros cul qui semblait un beau melon qui aurait poussé au soleil de minuit, tant il était blanc et plein. Chacune de ses fesses semblait avoir été taillée dans un bloc de carrare sans défaut et les cuisses qui descendaient en dessous étaient rondes comme les colonnes d’un temple grec.

Synopsis:

Guillaume Apollinaire relate l’histoire fictive du prince roumain Mony Vibescu, dans un périple qui le mène de Bucarest à Paris, puis dans l’Europe entière et finalement à Port-Arthur (en Chine), où il meurt flagellé par un corps d’armée, accomplissant ainsi sa destinée pour avoir failli à un serment :
« Si je vous tenais dans un lit, vingt fois de suite je vous prouverais ma passion. Que les onze mille vierges ou même les onze mille verges me châtient si je mens ! ». Les pérégrinations du héros sont ponctuées de scènes notablement crues, où Apollinaire explore toutes les facettes de la sexualité avec une volonté évidente d’éclectisme : sadisme alterne avec masochisme, ondinisme et scatophilie avec vampirisme, pédophilie avec gérontophilie et nécrophilie, onanisme avec sexualité de groupe, saphisme avec pédérastie, etc. L’écriture est alerte, l’humour — noir au besoin — constamment présent, et l’ensemble du roman dégage une impression de « joie infernale » qui trouve son apothéose dans la scène finale.

L’avis de Kero:

Les onze mille verges ou les amours d’un Hospodar n’est pas un roman érotique mais plutôt pornographique dans un style exagéré et humoristique. Alors là je dois vous dire que Guillaume Apollinaire signe un livre décapant et scandaleux pour son époque où il y mêle charme et horreur. A travers les aventures de Mony Vibescu, Apollinaire dépeint les mœurs de son époque, ce livre est une satire sociale et politique. Guillaume Apollinaire racontes des scènes très scabreuses et licencieuses avec des situations sont très amusantes. Tous les faits historiques évoqués sont tous réels, même si pour moi cela reste obscur car je ne connais rien au conflit russo-japonais du début du XXème siècle.

Les onze mille verges est un court roman et contrairement à beaucoup qui l’ont lu et fustigé, moi je l’ai trouvé très drôle, il ne faut pas le prendre au 1er degré, c’est juste de l’humour noir. Et cela se trouve confirmé dans le titre « les onze mile verges » qui fait référence au fouet pour masochiste et non au pénis.

Apollinaire écrit avec humour et exagération la vie du jeune prince Vibescu, qui dans la réalité n’est pas prince mais il s’auto-proclame « prince » car le titre « hospodar » transmit de génération en génération lui déplaît. Ce livre fut publié anonymement car beaucoup trop licencieux pour l’époque et à l’heure actuelle nombreuse sont les personnes à crier au scandale !!!!! Ici, on passe d’un extrême à l’autre tout n’est qu’une farce. Certaines scènes m’ont un peu rappelé les 120 Jours de Sodome du marquis de Sade. Les scènes sont remplis de violence et de cruauté et tout va crescendo jusqu’à la fin. L’œuvre prend toute son originalité grâce au décalage entre l’action et le registre d’écriture (l’humour noir).

Mony Vibescu est un jeune Roumain qui quitte son pays pour Paris, pour rencontrer des parisiennes car ils fantasment sur elles et surtout parce qu’elles sont réputées avoir « la cuisse légère ». On suivra sa vie mouvementé à travers l’Europe pour finir sa vie à Port-Arthur, ville en pleine guerre. Guillaume Apollinaire  décrit dans cet ouvrage tous les fantasmes érotiques de son époque. Mony est un véritable libertin qui s’engouffre de plus en plus dans le sadisme et la cruauté au fil des pages. Tout y est réuni : nécrophilie, scatologie, viol, flagellation etc. Le seul bémol, que je peux émettre sur Les Onze Mille Verges, concerne les scènes de pédophilie, cela m’a beaucoup dérangé quand même. Concernant les autres personnages, Vibescu rencontre Culculine et Alexine à Paris, et il restera avec elles jusqu’à sa rencontre avec Cornaboeux, avec qui il quittera Paris et assouvira ses fantasmes à travers l’Europe. Le passé des personnages n’est jamais révélé, ce qui importe le plus c’est la mise en scène des déviances sexuelles de Vibescu même si parfois ce qu’il fait peut-être choquant. Il n’y a pas de rebondissement dans ce livre, les scènes d’action évoquent seulement les relations sexuelles du prince avec des femmes, des hommes et même des morts. Cependant même si le style d’Apollinaire est dur il faut plus en rire parfois plutôt que de s’en offusquer, tout est exagéré au maximum. Ceci est une vaste ironie où les fantasmes les plus sombres et les plus débridés sont mis en avant. En outre, Guillaume Apollinaire n’écrit rien de nouveau, ce sont des choses qui se passaient déjà à cette époque donc il ne fait que relater des faits d’époques.

En bref, Les onze mille verges est un roman qui ne vous laisse pas indifférent à la fin, il n’est pas laissé entre toutes les mains. On passe par tous les stades de la débauche et rien n’est laissé au hasard. Je sais très bien que de nombreuses personnes ont été choquées par Les onze mille verges mais personnellement ce fut une grosse découverte bien plaisante qui m’a fait beaucoup rigolé. Il revisite magistralement l’art de la flagellation et y apporte une nouvelle dimension. Je vous le conseille vivement et faites-vous votre propre opinion.

9/10

 

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