La beauté du mal

La beauté du malAvatar Tomie (fond violet)
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Auteur : Rebecca James
Editeur : Oh Editions
Date de sortie : 3 Juin 2010
Nombre de pages : 291
Format : Broché
ISBN : 978-2361070007
Statut : Tome unique

« Quand on voit ses parents dans cet état, on devient adulte, car on se rend compte que le monde est un endroit effrayant sur lequel ils n’ont pas de prise. Et si eux peuvent souffrir autant, s’ils ne maîtrisent rien, quel espoir nous reste-t-il ? »

Synopsis :

Toutes deux cachent un inavouable secret. Quand elles le découvriront, leur amitié sera-t-elle plus forte que la vengeance ? Alice est la fille la plus populaire du lycée. Katherine, la plus effacée. Et pourtant, ce sont les meilleures amies du monde. Grâce à Alice, Katherine reprend goût à la vie après le drame qu’elle a vécu l’année précédente : sa petite sœur adorée a été sauvagement assassinée par une bande d’ados, sous ses yeux. Katherine n’arrive pas à se le pardonner. Ce terrible secret, elle ne l’a jamais partagé avec personne. Jusqu’à Alice. Sa sœur spirituelle. À qui elle peut tout dire. Vraiment ? Car si Alice est l’amie la plus douce et la plus attentionnée, elle peut aussi se montrer terriblement dure, cassante, méchante. Au point que Katherine s’interroge : connaît-elle Alice si bien que ça ? Sauf que douter d’Alice, c’est la rejeter. Et c’est là que les ennuis commencent …

L’avis de Tomie :

Après avoir vécu un drame, Katie change non seulement de ville mais aussi de nom, et devient Katherine, lycéenne effacée qui ne cherche pas à se lier d’amitié avec les autres. S’il n’y avait que ce drame, peut-être aurait-elle pu se laisser aller à vivre pleinement et être heureuse à nouveau mais voilà, il y a aussi cette culpabilité qui la ronge et dont elle ne parvient pas à se défaire. Sa vie change brusquement lorsqu’Alice, la fille la plus populaire du lycée, l’invite à une fête et se met en tête de devenir son amie. Les deux filles apprennent à se connaître et deviennent rapidement très proches. Alice a des défauts, un comportement parfois étrange, mais grâce à elle Katherine sourit à nouveau donc elle ferme les yeux sur ces petites choses qui la mettent parfois mal à l’aise.

J’ai pioché La beauté du mal dans ma PAL sans savoir le moins du monde à quoi m’attendre. A vrai dire je ne me souvenais même plus qu’il y était. Les polar/thriller ne sont pas vraiment ma tasse de thé à la base, mis à part les Sherlock Holmes, Hercule Poirot et autres détectives du même acabit. Et ce n’est pas ce livre qui va me convaincre de m’y mettre !

L’intrigue est bien présente au début : pourquoi Katherine n’a-t-elle pas assisté aux funérailles d’Alice ? Qu’est-il arrivé à cette dernière ? Comment les deux amis ont-elles pu en arriver là ? Qu’est-il arrivé au père de sa fille ? Beaucoup de questionnements dès le début de cette histoire qui nous promet de nombreux rebondissements.

Le récit se fait à trois voix, ou plutôt à trois époques : nous suivons Katherine avant le drame et découvrons par petites touches ce qui lui est réellement arrivé ; nous avons quelques brefs moments de la vie de Katherine une fois devenue adulte mais surtout maman d’une petite Sarah ;  et bien évidemment, le plus gros de l’histoire est centrée sur ses mésaventures avec Alice.

Mon enthousiasme initial est vite retombé lorsqu’on apprend que Katherine vit (presque) seule. Suite au drame qu’elle a vécu, elle a préféré quitter la ville mais aussi ne plus vivre avec ses parents, chose que je peux comprendre. Elle a donc emménagé chez sa tante qui est, comme c’est surprenant, toujours absente. Je ne sais pas pourquoi les auteurs s’arrangent toujours pour laisser leur héros/héroïne adolescent(e) sans figure d’autorité dans leur quotidien. Oui certains ados doivent apprendre à se débrouiller seuls mais par pitié, cessez de dégager les parents aussi facilement ! Parce que oui c’est une facilité, des personnages en moins à gérer. Katherine se retrouve donc seule dans un grand appartement et toutes ses dépenses sont prises en charge. De faux airs d’indépendance et de l’argent qui tombe du ciel, comme c’est pratique. Bref, passons.

Dès le début j’ai trouvé le comportement d’Alice relativement suspect. Je veux dire, pourquoi s’intéresse-t-elle aussi soudainement à Katherine ? Je veux bien qu’il y ait des amitiés qui se créer dans la seconde mais les choses ont vraiment été précipités. A peine les présentations sont-elles faites qu’Alice lui prête déjà ses robes. Je ne sais pas si l’auteur aurait dû être plus subtile ou Katherine plus méfiante, mais quelque chose m’a chagriné. Et quand ça m’arrive dès le début d’une histoire, généralement la suite se présente mal (du moins pour moi). Leur amitié se poursuit néanmoins, Alice présente Robbie à Katherine et le duo inséparable devient trio. Grâce à Robbie, Katherine en apprend plus sur Alice qui mine de rien reste très secrète, mais notre héroïne ne peut pas le lui reprocher puisque elle aussi a sa part de mystère. La beauté du mal suit son cours, je tourne mes pages, mais j’ai bien du mal à éprouver quoi que ce soit pour tout ce petit monde.

Je suis d’ailleurs mitigée sur les personnages secondaires. Robbie est extrêmement intéressant, j’ai totalement adhéré à cette fascination destructrice qu’il éprouve pour Alice, surtout lorsqu’on voit jusqu’où elle est prête à aller pour faire du mal aux autres. Philippa est une bouffé d’air frais dans cette atmosphère lourde. On peut facilement s’identifier à elle et ainsi devenir « celle qui a sauvé l’héroïne ». Pas sauver d’un grand danger, simplement de l’emprise d’Alice, mais c’est déjà beaucoup. Mick est … relativement fade. Il ne m’a pas donné l’impression d’avoir beaucoup de caractère et je ne me suis pas vraiment attachée à lui (ce qui lui arrive ne m’a donc pas tiré la moindre larme, ce qui fait que je suis passée malgré moi à côté du plus gros de l’émotion du livre). Sans oublier que sa relation avec Katherine va vraiment trop vite. Quant à Rachel … Aussi horrible que je puisse paraître à vos yeux, ce personnage ne m’a pas touché le moins du monde. Oui elle vit dans un monde un peu à part et n’a pas eu les mêmes expériences que les autres adolescents étant donné qu’elle passait beaucoup de temps sur son piano, mais je l’ai trouvé trop niaise, trop  naïve. Plus exaspérante qu’autre chose, donc là non plus je n’ai pas réussi à m’attacher.

Le style est bon et les flash-back sont correctement utilisés (et surtout utiles) mais cela n’a pas suffit à me convaincre. Je reconnais que je ne suis pas réellement rentrée dans l’histoire : le début était déjà relativement suspect pour moi mais en plus il devient facile à un moment de recoller tous les morceaux pour comprendre où Rebecca James veut en venir. La folie d’Alice n’a été, à mon sens, pas assez poussé pour la rendre suffisamment intéressante. Il en va de même pour son côté machiavélique. La seule chose qui m’a véritablement surprise c’est l’identité du frère d’Alice. Ça je reconnais que je ne l’avais pas vu venir, et c’est pourtant sur cet élément que repose réellement toute l’histoire. Mais le reste ? Pas de vrai suspense, pas de moment haletant, pas d’angoisse, pas de tension. Pas le moindre soupçon de peur dans le pseudo harcèlement que va finir par orchestrer Alice et c’est vraiment dommage.

Note : 4/10

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