La fille dragon – Tome 1

La fille dragon 1Avatar Tomie (fond violet)
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Auteur: Licia Troisi
Editeur : Pocket Jeunesse
Date de sortie : mai 2016
Nombre de pages : 279
Format : Poche
ISBN : 978-2266270281
Statut : Tome 1

« Tu forces les gens à dire des choses qu’ils ne pensent pas, uniquement pour avoir la confirmation que tu ne vaux pas grand chose. Tu aimes te tromper, parce que ainsi tu peux continuer à croire que tu es stupide, et que personne ne t’obligera à prendre de risques. Je vais te dire la vérité : tu te comporte en lâche. »

Synopsis :

A l’orphelinat, Sofia rêve d’une autre vie. Mais qui voudrait accueillir une adolescente ingrate de treize ans ? Jusqu’au jour où un professeur d’ethnologie l’adopte, à la surprise de tous, et lui révèle qu’elle est une Dormante, habitée par l’esprit d’un puissant dragon.

Sofia n’aura d’autre choix que d’affronter son terrible destin.

L’avis de Tomie :

Sofia a toujours vécu à l’orphelinat. Désormais âgée de treize ans, elle est convaincue que plus personne ne voudra l’adopter, fait que ses camarades ne cessent de lui rappeler. Sofia a renoncé à espérer trouver un jour une famille et imagine déjà ce que sera son existence : elle ne quittera jamais cet endroit, devenant simplement employée plutôt que pensionnaire le jour de sa majorité. Mais un jour le professeur Schlafen, désireux d’adopter, demande à avoir une entrevue avec elle. Ses propos sont parfois cryptiques, il lui cache clairement quelque chose mais il est décidé à l’adopter, aussi Sofia ne laissera pas passer cette chance de quitter pour toujours l’orphelinat.

Je dois admettre que cette histoire de fille dragon commençait plutôt bien. Sofia a clairement du mal à se faire des amis, sa seule confidente est une employée qui n’a jamais été adoptée et qui est simplement restée à l’orphelinat, donc éprouver de la sympathie pour Sofia n’est franchement pas difficile quand on nous brosse à la fois son présent solitaire et son triste avenir. Par la suite j’ai été un peu surprise de la rapidité de l’adoption de Sofia. Le professeur vient la voir, discute rapidement avec elle, et dès le lendemain il l’emmène officiellement chez lui. C’est peut-être mon esprit tordu (il faudrait que je ralentisse sur les séries policières 😉 ) mais j’ai été choqué par la facilité avec laquelle sœur Prudenzia laissait partir Sofia. Elle nous présente le professeur Schlafen comme un ethnologue allemand revenu depuis peu à Rome mais c’est bien tout ce qu’on saura sur lui. A la place de Sofia j’y aurais réfléchi à deux fois avant de dire oui ! Je ne pars pas avec un inconnu, surtout si sœur Prudenzia n’a pas vérifié ses antécédents. Oui je sais, je me prends trop la tête, je me pose trop de questions, je vois le mal partout, bla bla bla. Mais je persiste à dire que tout ça est bien trop rapide. Il faut dire aussi que ce professeur en ethnologie ne m’inspirait que moyennement confiance. Il était cryptique, sous-entendait qu’il avait connu les parents de Sofia, mais n’allait jamais au bout de ses idées. En fait il voulait tellement adopter Sofia que j’ai commencé à avoir peur pour elle. Qui nous dit qu’il n’est pas le grand méchant de l’histoire ? (parce qu’il en faut bien un !). C’est donc avec appréhension que j’ai suivi Sofia dans sa nouvelle demeure.

A partir de là je ne savais plus vraiment à quoi attendre de La Fille Dragon. Le professeur n’osait pas trop dévoiler ses intentions et Sofia se gardait bien de poser des questions. Les voir danser autour de l’autre était … agaçant. Frustrant. Est venu ensuite la crainte parce que le professeur ne cesse de dire combien il a cherché Sofia, combien elle est spéciale, combien elle est importante. A partir de là je ne pouvais définitivement plus croire à l’homme désintéressé que l’auteur tente de nous faire gober tout au long de l’histoire. Lorsqu’il avoue être un Gardien à la recherche des Dormants (des humains abritant en eux l’âme et l’esprit d’anciens dragons), la faible façade du gentil petit père adoptif avec le cœur sur la main s’effondre complètement. On ne cesse de nous dire qu’il a pour Sofia des sentiments paternels mais je ne les vois pas, je ne les ressens pas. Il n’agit pas en père avec elle, tout juste agit-il en tuteur. A mes yeux il agit en gardiens, ni plus ni moins. Il a pour mission de trouver les Dormants et c’est exactement ce qu’il fait. Pas d’attache, pas d’attendrissement, juste le travail, « lis ces livres, trouve ton dragon intérieur, sauve le monde, et surtout tais-toi ».

Cette révélation de dragons dormants va également avoir une grande incidence sur Sofia. Si sa timidité et sa maladresse sociale étaient attendrissantes au début, la voir constamment se dévaloriser devient lassant. Je n’aime pas les héroïnes parfaites mais je n’aime pas non plus celles qui ne cessent de geindre, qui n’ont aucune confiance en elles et qui préfère retourner se planquer dans leur orphelinat et laisser les autres faire le sale boulot. J’ai déjà côtoyé des héros qui ont peu confiance en eux mais jamais à un tel niveau. D’accord ce qu’elle doit affronter est effrayant mais en attendant l’histoire n’avance pas et on s’ennuie prodigieusement. Si on résume : elle a peur du noir, des hauteurs, de l’eau, elle n’a aucune confiance en elle, est maladroite, à une mauvaise condition physique et renonce devant le premier obstacle. Et vous voulez me faire croire qu’elle va sauver le monde du grand méchant Nidhoggr ?!

Il y a un troisième personnage principal dans ce roman : Lidja. Adolescente, orpheline et Dormante elle aussi, elle travaille dans un cirque justement en tournée à Rome (comme c’est pratique …). On ignore comment le professeur a bien pu l’identifier comme Dormante mais il a raison. Ni une ni deux (et de manière assez peu crédible), la voilà désormais embarquée elle aussi dans cette histoire. Lidja est un peu trop médisante et peste à mon goût mais elle, au moins, ressemble déjà plus à une héroïne. Au moins elle n’a pas peur de son ombre … Je me suis surprise plusieurs fois à me demander pourquoi ça n’était pas elle la Dormante abritant le dragon qui avait autrefois réussi à vaincre Nidhoggr. Parce que si l’avenir de la planète repose sur la capacité de Sofia à sauver l’Arbre-Monde (qui est à l’origine de la vie), autant déclarer forfait tout de suite. Oui je suis méchante mais je n’en pouvais plus de la voir geindre tout le temps !

Et c’est vraiment dommage parce que hormis ce trio de personnages tous bourrés de défauts et à la limite du crédible, La Fille Dragon aurait pu être un super roman ! J’aime cette idée de dragons qui ont survécu à travers les humains, j’aime cette idée d’entente entre les deux espères, j’aime cette idée de ville dragon disparue (un peu comme un genre d’Atlantide) mais qui est peut-être plus proche qu’on le pense, j’aime cette idée d’humains qui ont fusionné avec des dragons au point d’avoir leurs pouvoirs. Bon sang, même le méchant et ses sous-fifres sont mieux réussi que les héros !

L’autre gros problème de ce livre c’est le rythme. Arrivée au début du troisième tiers, il n’y avait toujours pas eu de vraie action. Difficile de tourner les pages dans ce contexte, la tentation d’abandonner ma lecture a été grande. Cette histoire se veut un roman d’apprentissage, notamment sur la confiance en soi, mais je dois malheureusement dire que l’auteur a raté son coup. Sofia est, pardonnez-moi la vulgarité, chiante à en mourir. Même son grand moment (celui où elle trouve finalement confiance en elle et où elle parvient enfin à trouver son dragon intérieur) n’est pas réussi puisque trop rapide. J’ai eu l’impression qu’on avait appuyé sur un interrupteur … La transition est raté donc on en vient à se dire « tout ça pour ça ? » C’est vraiment, vraiment dommage.

Un scénario qui avait du potentiel mais qui se retrouve gâché par des personnages mal définis et surtout mal pensés.

Note : 4/10

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