Everything everything

EverythingAvatar Tomie (fond violet)
*
*
Auteur : Nicola Yoon
Editeur : Bayard
Date de sortie : 6 avril 2016
Nombre de pages : 360
Format : Broché
ISBN : 978-2747052788
Statut : Tome unique

 

« Si ma vie était un roman qu’on lisait à l’envers, rien ne changerait. Aujourd’hui est pareil à hier, demain sera pareil à aujourd’hui. Dans « Le livre de Maddy », tous les chapitres se ressembleraient. Jusqu’à l’arrivée d’Olly.» »

Synopsis :

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors.

Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois.

Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

L’avis de Tomie :

Madeline Whittier, dix-huit ans, n’a jamais connu le monde extérieur à cause de son système immunitaire défaillant. Elle occupe ses journées avec des livres, ses cours d’architecture en ligne, les jeux avec sa mère et les check-up de Carla, son infirmière. Madeline n’est pas malheureuse. Elle accepte la situation, comprend que le monde extérieur peut la tuer, et suit sa routine avec un certain plaisir dans cette maison aseptisée, véritable forteresse contre les bactéries en tous genres. Un jour, la maison en vente juste en face de la sienne ne l’est plus, et de nouveaux voisins arrivent. Une famille en apparence normale, un père, une mère, une fille mais surtout un fils, Oliver (dit Olly). Si leurs premiers échanges se font d’abord par internet, Carla va vite leur permettre de se rencontrer en vrai du moment que Olly applique bien le principe de décontamination et s’engage à ne jamais toucher Madeline. Au contact de Oliver, Madeline va réaliser tout ce qu’elle manque, tout ce à côté de quoi elle passe à cause de sa maladie comme, par exemple, le fait de ne pas pouvoir vivre une vraie histoire d’amour.

Je n’ai vraiment rien à redire sur la première partie du roman. L’auteur commence par nous plonger dans le quotidien de Madeline et surtout par nous faire comprendre qu’elle n’est pas malheureuse. Maldeline a parfaitement accepté la situation et ne se plaint jamais. J’avais vraiment peur de commencer l’histoire avec une héroïne taciturne ou totalement blasée qui rejetterait sa maladie en bloc et ne jurerait que par le monde du dehors. Heureusement pour nous, Everything Everything nous épargne bon nombre de clichés.

Dès le moment où Madeline croise le regard de Olly, on sait déjà qu’ils vont finir par tomber amoureux. La relation qui évolue entre eux est adorable et tous deux sont atrocement mignons dans leur hésitation et leurs tâtonnements. Aucun ne sait comment se comporter l’un avec l’autre (Madeline parce qu’elle n’a jamais connu ça et Olly parce qu’il a peur de lui faire du mal par inadvertance). Madeline a beau avoir dix-huit ans, elle traverse ses premiers émois comme si elle en avait douze. Ça devrait être ridicule, voire franchement niais, mais la plume de l’auteur fait que ça marche. Madeline change, évolue, en apprend beaucoup sur elle-même et il y a un côté gratifiant à assister à tout ça.

La seconde partie de Everything Everything m’a moins accroché. Peut-être parce que la fugue de Madeline ne m’a pas semblé crédible. Je ne saurais dire pourquoi exactement mais la voir brusquement partir pour Hawaï presque du jour au lendemain m’a laissé de marbre. Peut-être parce qu’elle ne songe pas assez à ce qui va inévitablement se passer lorsqu’elle sera dehors (peut-on réellement se dire qu’on va mourir et n’en avoir rien à faire ?) ou bien parce que ses réflexions sur le « partir ou rester ? » ne sont pas assez développées. Il n’y a pas de véritable débat, pas de « pour » et de « contre ». Pareil pour Olly qui ne pose pas beaucoup de questions et accepte de la suivre en un battement de cœur sans même prendre le temps d’emporter une brosse à dent. Ou peut-être parce que, comme par hasard, Olly a justement un ami à Hawai, comme c’est pratique. D’une manière générale leur séjour à là-bas ne m’a pas fait beaucoup d’effet. J’aurais préféré non pas plus de passion mais plus de sentiments, tout simplement. L’auteur nous dit que Madeline est amoureuse mais je ne l’ai pas éprouvé, ressenti. Mon cœur ne s’est pas emballé comme le fait soi-disant celui de Madeline Tout est presque trop lisse. Mon intérêt pour cette histoire est réapparu lorsque la maladie de Madeline est venue briser leur rêve éveillé. A partir de là on se dit « c’est fini, game over, la romance s’arrête là ». Je me suis longuement demandé comment allait finir cette histoire. Est-ce que ça allait être une romance inachevée, chacun dans son coin triste à en pleurer ? Une fin à la Roméo et Juliette ? Je peux dire honnêtement que je n’avais pas prévu cette fin. J’en étais venue à penser que Madeline allait guérir miraculeusement (ce qui aurait été le plus beau raté de l’histoire de la littérature jeunesse parce que crédibilité zéro) ou bien que Olly allait se plier aux règles stricts qu’engendre sa maladie pour pouvoir rester avec elle tout de même, bien que je ne le voyais pas s’engager avec de tels responsabilités si vite et surtout à un âge aussi jeune. Donc non, je n’avais pas prévu ce retournement de situation. Il est réaliste, crédible, la folie de l’esprit dans toute sa splendeur. Là où j’accroche moins, c’est dans les conséquences de cette nouvelle révélation. Le regard de Madeline sur sa mère a changé et pourtant ça non plus je ne l’ai pas assez ressenti. On ne sait pas non plus ce qu’il advient vraiment d’elle à la fin et j’ai horreur d’un livre qui me laisse avec plein de questions sans réponse.

Les chapitres sont très cours, ce qui donne un certain rythme à l’histoire. De plus on croise au fil des pages quelques illustrations ici et là, comme les poissons les plus connus à Hawai ou bien les graphiques de santé de Madeline. On croise aussi parfois des extraits de pages internet, ce qui nous permet de savoir ce qu’a fait Madeline sans qu’elle n’ait à nous le dire. J’ai parfois eu un peu de mal avec ces fameuses pages internet parce que je ne voyais pas toujours où l’auteur voulait en venir. Mais d’une manière générale, les illustrations sont un petit plus appréciable. J’aime aussi énormément les spoiles que nous fait l’héroïne concernant ses lectures. Avec peu de mots on capte facilement son humeur du moment.

Ce fut pour moi une lecture « montagne russe » mais pas dans le bon sens. Une lecture trop inégale, en fait. Les choses qui m’ont plu m’ont vraiment plu mais les autres m’ont plus d’une fois fait lever les yeux au ciel. Et c’est dommage parce que l’idée avait vraiment un potentiel énorme ! Avec le recul je pense que l’auteur a voulu être trop lisse, qu’elle n’a pas voulu trop approfondir ni trop creuser certains points parce qu’elle restait dans l’objectif Young Adult. Attention, je ne dis pas non plus que Everything Everything est une nullité ! Il y a un véritablement questionnement sur le fait de continuer à rester vivant si on ne peut pas vivre et j’ai vraiment adoré. J’ai aimé assister à la transformation de Madeline et son éveil est vraiment touchant. Sans parler de ce retournement auquel je ne m’attendais pas !

En fait je crois que j’aurais juste aimé qu’il y ait plus que ça.

Note : 6/10

4 комментария к “Everything everything”

    1. En fait tout était vraiment super jusqu’à cette fameuse fugue de Maddy. A partir de là j’ai trouvé les ficelles un peu trop grosses. Mais ce n’est qu’un avis personnel 😉 J’espère que tu aimeras plus que moi 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.