Et si on papotait ciné ? #1

Avatar Tomie (fond violet)

Aujourd’hui si vous le permettez, papotons un peu cinéma. Pourquoi ? Parce que j’ai vraiment besoin de vider mon sac après le film que je viens de voir. De quoi s’agit-il donc ? Batman VS Superman : l’aube de la justice. Of course. Je ne pouvais pas passer à côté ! Si Batman est dans un film, fatalement j’y vais. Et si en plus il est clairement annoncé que Superman se prend quelques coups au passage, je n’allais vraiment pas rester sagement chez moi. Je n’ai pas lu les critiques de la presse ni celles des autres avant de me rendre au cinéma, je n’aime pas me faire influencer dans mon jugement. J’aurais peut-être dû, juste pour cette fois … Je n’avais pas non plus vu les bandes annonces du film ou les campagnes de pub. Oui je l’admets, je suis arrivée au cinéma littéralement les mains dans les poches et absolument pas préparée. Comme à la fac quand j’avais des partiels en fait 😉

Batman VS Superman

Cet article risque de vous sembler un peu brouillon mais c’est parce que je ne veux pas trop vous spoiler. Ca va être dur de vous parler du film sans vous en révéler les grandes lignes donc oui, tout mon laïus va sans doute vous sembler un peu chaotique. Mais si vous avez vu le film, vous devriez me suivre sans problème 🙂

(je tiens aussi à préciser que je suis ce qu’on appelle communément une chieuse. Et qu’en plus je suis relativement calé en matière de comics Batman)

 

Je ne sais pas si vous aimez tous ces films dérivés de personnages de comics. Dans l’ensemble j’estime qu’il y a du bon et du moins bon. J’ai adoré Iron man 1 mais détesté Iron man 2 au point de ne pas encore avoir vu le 3. J’ai adoré Batman Begins de C. Nolan mais je me suis demandé ce qu’il avait fumé avant de nous pondre son Dark Knight Rises. Je suis sceptique face au Spiderman avec Tobey Maguire mais j’adhère totalement au Spiderman de Andrew Garfield. Du pour et du contre, en somme. Tout ça pour dire que je commence à être fatiguée par toutes ces tentatives qui vous déconstruisent le mythe original pour vous bricoler un scénario à deux balles et des origines tellement reconstituées qu’elles tiennent à peine debout. Quand elles ne se cassent pas franchement la gueule.

 

Le mythe de Superman a été revu dans Man of Steel (que je n’ai pas vu d’ailleurs). Batman VS Superman nous épargnera donc l’habituel récit de son arrivée sur Terre, de son adolescence, tout ça tout ça. Reste donc à s’intéresser à Batman. Le film commence avec une énième réécriture de la mort de Thomas et Martha Wayne, laissant Bruce orphelin. Saut dans le temps et le voilà âgé d’une quarantaine d’années et déjà bien rodé dans le rôle du super héros. Je n’ai aucun souci avec cette avance rapide, après tout ce n’est pas là le sujet du film. Mais en à peine vingt minutes Superman m’est déjà antipathique. Je veux bien admettre que je ne suis absolument pas partiale dans cette histoire. Mon cœur balance et balancera toujours du côté de Batman. Mais comment un homme censé défendre les justes causes peut-il ainsi vouloir s’acharner à démolir la réputation d’un autre super héros ? Ne sont-ils pas censés s’entraider ? Batman n’a que peu d’estime pour l’homme d’acier parce qu’il pense qu’il provoque toujours énormément de dégâts lorsqu’il se bat (et on ne peut pas lui donner tort). Mais il ne cherche pas à attaquer Superman au départ, juste à trouver de quoi le maîtriser si notre cape rouge finit par passer du mauvais côté de la justice (ce que je ne peux pas lui reprocher non plus parce que hey, on ne sait jamais !). En revanche Superman, sous couvert de Clark Kent et de son métier de journaliste, vient se mêler de ce qui ne le regarde pas et critique la façon dont Gotham passe tous les caprices de Batman. S’est-il seulement regardé dans un miroir ? Superman a pris le melon et il m’exaspère au plus haut point. Ceci dit je n’adhère cependant pas à tout ce que fait ce Batman repensé par Snyder. Ici notre héros marque au fer (littéralement) tous les méchants qu’il arrête, et est clairement avide de vengeance et aveuglé par la haine. J’aime sa noirceur, qui n’a jamais été poussée aussi loin jusque là d’ailleurs, mais il y a une différence entre inspirer la peur et répandre la terreur.

Tout ceci me donne l’impression de bric et de broc assemblés pour donner aux deux super héros une raison de se détester. Raison qui tient d’une question de fierté pour Superman et d’une histoire de manipulation pour Batman.

 

Autre point négatif : Wonder Woman. Je précise que je n’ai rien contre cette héroïne. Mais il faut admettre qu’elle est, dans ce film, très, très mal exploitée. Et passablement encombrante, aussi. Pour commencer, il m’a fallu un moment pour comprendre qui elle était. Une jolie brune sexy qui fait du charme à Bruce Wayne ? Pour moi c’est forcément Sélina Kyle. Premier choc donc lorsqu’elle décline son identité. Elle disparait puis revient de temps en temps, comme pour dire bonjour. C’est à sa quatrième apparition je crois que j’ai fini par comprendre que ce film n’était en fait qu’un prétexte à une autre série de films, cette fois basée sur la Justice League. Oui il m’aura fallu du temps mais que voulez-vous, je suis parfois une grande naïve.

Les autres héros (Flash, Aquaman, …) ne sont que brièvement entraperçus (de façon parfois grotesque d’ailleurs), juste deux minutes top chrono pour nous faire comprendre qu’il y a d’autres personnes sur Terre dotées de pouvoirs spéciaux. Une question se pose donc : pourquoi avoir choisi Wonder Woman plutôt qu’un autre ? Parce que ça manquait de filles dans toute cette testostérone ? Pas convaincue. D’autant plus qu’elle prend trop de place. Elle gêne l’enquête de Batman au début et lui vole ses répliques à la fin. Je veux dire allez, dans les dernières vingt minutes du film on attend un combat de titans entre Batman et Superman d’un côté et le général Zod 2.0 de l’autre. Au lieu de ça Superman est dans les vapes, Batman disparait de l’écran (une envie pressante, peut-être ?), et Wonder Woman se lance dans un combat que l’on sait inutile puisque sa force est égale à celle de notre méchant.

Puisque l’on parle de filles, intéressons nous un peu à Loïs Lane. D’un point de vue caractère elle est beaucoup plus intéressante que Clark Kent (même si ses répliques sont parfois nullissimes). Elle en a dans le ventre et ne démord pas de son envie de révéler tous les complots qui puissent exister en ce bas monde. De plus elle va même jusqu’à amener Superman à se poser des questions sur ses responsabilités vis-à-vis de ses pouvoirs (c’est d’ailleurs dommage que ses tentatives d’aborder des sujets sérieux soient toujours coupées net …). Je l’aime bien, cette petite. Sauf lorsqu’elle se met à faire n’importe quoi. Je vous explique : Lex Luthor a manipulé tout son petit monde pour pousser Batman et Superman à s’affronter (soit dit en passant, j’aime beaucoup son jeu d’acteur. La folie interprétée par Jesse Einsenberg est juste … Wouahou. MAIS ! Même si j’aime le jeu d’acteur, Lex Luthor est totalement calqué sur le Joker de Nolan. C’est dommage d’ailleurs parce qu’au final il est plus un Joker 2.0 qu’un Lex Luthor. Lex est censé être toujours calme, froid, manipulateur. Et là … C’est comme si son nom ne collait pas avec son comportement. Je suis d’accord, proposé une nouvelle version de Lex Luthor ne devait pas être évident, mais du coup il a presque proposé une nouvelle version du Joker donc ça ne colle plis. Mais revenons plutôt à Loïs). Affrontement Batman contre Superman, donc. Batman, pas con, a choisi et préparé terrain et gadgets avec une bonne dose de kryptonite, dont une lance surmontée de la dite pierre. Après quelques coups entre eux (alors que si Superman avait dès le début dit « j’ai besoin de ton aide » on n’en serait pas là mais non, fierté oblige, il prend des chemins détournés et parvient in extremis à expliquer ce qu’il veut) Batman vogue vers d’autres horizons et Loïs reste avec son cher et tendre. Elle balance la lance-kryptonite et déjà là on sent qu’elle a fait une connerie. Un peu plus tard cette fameuse lance devient la clé pour vaincre le général Zod. Superman la récupère mais kryptonite oblige, il tombe à nouveau dans les vapes. Loïs voit ce qui se passe plus loin, elle ne peut pas manquer ce monstre difforme qui tient tête à Wonder Woman et détruit tout autour de lui, mais plutôt que de lancer l’arme en direction du combat (et de préférence pas trop loin de Batman, histoire qu’il serve enfin à quelque chose), elle préfère la bazarder de l’autre côté et revenir pleurer sur Superman pendant que les deux autres se démènent péniblement.

*

Trois points qui m’ont carrément fait sortir de l’histoire :

– Des lieux stratégiques (comme je ne sais pas, moi … La tanière du méchant ?) manquent cruellement de gardes, de caméras, … de surveillance, quoi ! D’accord sans ça nos héros ne pourraient pas progresser dans leur mission respective (ou du moins ça prendrait plus de temps) et il n’y aurait pas d’histoire, mais merde ! Vous allez me faire croire que le mec qui possède la technologie la plus évolué de la Terre ne va pas la protéger un minimum ?!

– depuis quand Gotham City et Metropolis ne sont séparées que par un court d’eau ?! Ces deux villes n’ont jamais été physiquement proches l’une de l’autre, bon sang !

– Superman arrive à retrouver Loïs alors qu’elle est au beau milieu d’un désert. Elle est en danger, une arme pointée sur elle, et il intervient dans la seconde. Là on se dit « wouh, le mec est presque omniscient ». Alors, bordel de merde, pourquoi n’arrive-t-il pas à retrouver l’autre femme de sa vie accessoirement retenue prisonnière ? Il a mis une puce électronique sur Loïs, c’est ça ? Non mais expliquez-moi, hein.

Au final ? Prêtez bien attention au titre du film : Batman VS Superman : l’aube de la justice. Le fameux « Batman VS Superman » intervient au bout d’une heure et demie de film et dure cinq minutes (la réconciliation est d’ailleurs bien trop rapide à mon goût). Tout le reste n’est que prétexte à la future Justice League, d’où le « aube de la justice ». Je ressors de ma séance frustrée et perplexe (comment David S. Goyer a-t-il pu approuver ce film ?!) Je ne voulais pas un prologue à Justice League, je voulais une vraie confrontation Batman/Superman. Question de marketing, sans doute. Mais je trouverais ça presque limite, quand même. Surtout quand on voit ce fameux combat. Batman a tellement blindé son armure que pour un peu il n’arriverait même pas à lever les bras. Il se prépare pour affronter l’homme d’acier, d’accord, mais empiler les couches de matériaux lourds ne suffit pas s’il perd en agilité. Réalisme du combat ? Comment dire …

Mais si encore il n’y avait que ça.

 

En fait, je pense qu’ils ont voulu en mettre trop dans ce film, qu’il y a trop de raccourcis. Ils auraient dû se contenter d’une rivalité Batman / Superman basée sur l’incertitude et la méconnaissance de l’autre, teintée d’une bonne dose d’incompréhension. Ca aurait pu faire un bon film. Ou alors au contraire garder leur scénario mais le développer mieux, quitte à en faire deux films plutôt qu’un seul. Il y a également bien trop de références à la religion et de comparaisons entre Superman et Dieu. Je comprends l’idée mais au bout d’un moment ça devient rasoir. Ca va, on n’est pas con, on a compris que Superman est le nouveau Jésus, pas besoin d’en faire une montagne non plus. Quant à Wonder Woman, je persiste à dire que le film aurait très bien pu se passer d’elle. Elle encombre, ses actions auraient pu être attribuées à l’un ou l’autre de nos deux personnages principaux et ainsi donner un peu plus de corps à l’ensemble. Mention spéciale au personnage d’Alfred (incarné par Jérémy Irons) tout en cynisme et en humour qui m’a fait sourire plus d’une fois. J’aurais aimé le voir apparaître plus souvent ! Très, très bonne découverte à ce niveau là.

A noter les deux façons différentes de tourner le film. Des plans plus sombres pour Batman, ce qui renforce le côté menaçant, et des plans plus colorés (tout de moins avec plus de scènes en plein jour) pour Superman. C’est tout bête sur le papier mais dans les faits c’est assez impressionnant ! Les combats sont assez dynamiques, il y a des plans qui valent vraiment le détour, pas mal de psychologie côté personnages mais le scénario est couru d’avance et n’apporte aucune surprise. Si ce film était censé me donner envie de voir la ribambelle de suites qui suivra concernant Justice League, c’est raté. Et une question me taraude quand même : avec un final pareil, comment vont-ils réussir à nous pondre une suite crédible ?

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