Divergente – Intégrale

DivergenteAvatar Tomie (fond violet)
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Auteur : Veronica Roth
Editeur : Nathan
Date de sortie : 20 mars 2014
Nombre de pages : 448
Format : Broché
ISBN : 978-2092552988
Statut : Trilogie

« Mon cœur cogne trop fort, je n’arrive plus à respirer et je ne peux pas crier ; mais en même temps, je sens chaque fibre de mon corps, chaque veine, chaque cellule, chaque os et chaque nerf, en alerte, comme chargés d’électricité. Je suis de l’adrénaline pure. »

Synopsis :

Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq factions. À 16 ans elle doit choisir sa nouvelle appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d’aptitudes n’est pas concluant. Elle est divergente. Ce secret peut la sauver… ou la tuer.

L’avis de Tomie :

Béatrice Prior, seize ans, ne sait pas grand chose du monde dans lequel elle vit. Il y a des faits, des règles, tout un tas de choses qu’elle n’a jamais remis en cause et sur lesquels elle ne s’est jamais véritablement attardée. La société dans laquelle elle vit divise la population en cinq factions destinées à éradiquer les défauts humains responsables, entre autres, des guerres passées : agressivité, ignorance, égoïsme, duplicité, lâcheté. Béatrice est une Altruiste, tout comme son frère et ses parents. Son devoir est de s’effacer, d’oublier ses désirs et ses envies pour se mettre uniquement au service des autres. Mais demain, Béatrice va devoir faire le choix qui déterminera son avenir : restera-t-elle parmi les Altruistes pour une vie de servitude et de dévotion ou choisira-t-elle une autre faction ? Pour l’aider à y voir plus clair elle doit, comme tous les autres adolescents de son âge, se soumettre à une simulation qui permettra de mieux connaître son caractère et ses aptitudes. Malheureusement pour elle le test n’est pas concluant et ne lui est d’aucune aide, la laissant totalement seule pour faire son choix. Pire encore, ses résultats la désignent Divergente et risquent de la mettre en danger s’ils venaient à être découverts. Parce qu’aux yeux dans cette société où chacun se doit de rentrer dans un le moule, Béatrice est bien trop différente et la différence conduit immanquablement au danger.

J’ai mis un temps fou à me décider à commencer cette saga. Je n’aime pas l’effet de masse alors si un livre devient un véritable phénomène, il y a neuf chances sur dix que je passe mon chemin. Trop de tapage, trop d’engouement. J’ai ressenti la même chose pour Hunger Games. J’ai mis plus de trois ans à me lancer dans l’aventure et j’ai été énormément déçue. Donc forcément, je n’avais pas envie de me lancer dans Divergente et de revivre la même chose. Qu’est-ce qui m’a poussé à me lancer ? Je ne saurais pas le dire exactement. Est-ce que je regrette d’avoir cédé ? Je ne saurais même pas vous répondre. Il y a du bon, mais le tome 3 vient tout gâcher. Comme cette histoire commence à dater un peu et que vous avez déjà tous probablement cédé au phénomène Divergente, ma chronique portera sur la trilogie dans son ensemble plutôt que sur un seul tome.

On ne va pas se mentir, le tome 1 est un véritable page-turner. J’ai été frustrée de ne pas en savoir plus sur le monde qui entourait Béatrice. Je veux dire, leur ville n’a pas l’air bien grande donc qu’est-ce qu’il y a au-delà ? Est-ce qu’on les garde enfermés ou est-ce qu’il n’y a tout simplement plus rien au-delà de la clôture parce que les générations précédentes ont tout dévasté ? Qui a mis en place ce système de factions ? Et surtout pourquoi ? J’ai l’habitude de dire que je ne suis pas une boîte, que j’ai plus que quatre côtés, et pourtant c’est exactement ce que font ces factions. Elles vous collent une étiquette et vous fournissent même une marche à suivre, et je trouve ça tout bonnement effrayant.

Énormément de questions, donc, et bien trop peu de réponses au premier abord. Et puis tout doucement ces questions ont perdu de leur importance au fil de ma lecture. Ou plutôt, mon intérêt a été porté ailleurs. J’ai adoré suivre Béatrice, ses doutes, ses peurs, ses interrogations. Ça n’est jamais facile de trouver le courage de s’émanciper et encore moins à seize ans. Et puis si quelqu’un change de faction, pourquoi lui interdire de revoir un jour ses proches ? J’ai eu du mal avec ce côté autoritaire et totalitariste de leur monde. Bien trop de gens pour nous dire quoi faire, quoi dire, quoi penser. Donc quand Béatrice a tourné le dos aux Altruistes pour devenir une Audacieuse, pour devenir Tris, ça a été un véritable soulagement. Je me doutais que là aussi il y aurait des règles à suivre mais tout comme l’héroïne j’avais des espoirs et des envies de liberté. Tout comme Tris j’ai été grisée par ce changement mais je suis vite redescendue sur terre lorsque ce premier gamin dont j’ai oublié le nom n’a pas réussi à monter dans le train. Pas assez confiant, pas assez rapide, et il devient un sans-faction. On ne sait pas vraiment ce que cela veut dire au début mais tout le monde a tellement peur de devenir sans-faction que le lecteur se met à le redouter aussi. Même si la vie de Tris n’avait pas été très exaltante ni idéale juste que là, il y avait tout de même une certaine sécurité. C’est lorsque sa formation d’Audacieuse a commencé que je me suis mise à avoir peur pour elle. La réalité m’a frappé en plein visage : faire partie des plus forts ou mourir. C’est véritablement à ce moment là que le suspense m’a saisi. Il y avait la peur, l’appréhension, l’effarement face à ce que ces adolescents doivent vivre et subir. Surtout quand le danger peut venir de ceux qui vous entourent. Bien sûr je comprends la nécessité d’être le meilleur pour gagner sa place mais je ne m’attendais tellement pas à ce qu’il y ait un nombre limité de places, justement ! Est-ce pareil dans les autres factions ? Est-ce que la moitié des candidats va mourir ou devenir sans-faction, ou est-ce caractéristique des Audacieux ?

Dans le premier tome de Divergente on apprend à mieux connaître Tris, on s’attache indéniablement à elle. Sa timidité et ses réflexes d’Altruiste peuvent en agacer certains mais je ne la trouve que plus attachante encore. Surtout lorsque cette image se superpose à la femme que Tris est en train de devenir. Ses progrès sont un peu trop rapide à mon goût (ou alors il y a eu une ellipse que je n’ai pas vu) mais la voir devenir plus forte a été un véritable plaisir. Sans parler de sa relation avec Quatre. Ils ne savent pas vraiment comment s’y prendre, l’auteur n’a pas basculé dans la romance, et pourtant on y croit. J’ai cru sans aucun problème à la force de leurs sentiments alors qu’il n’y a jamais eu de grande déclaration et encore moins de partie de jambes en l’air. Rien que pour ça je voudrais remercier Veronica Roth.

Mon engouement pour cette saga n’a pas faibli dans le tome 2. Je commençais à obtenir des réponses aux questions qui me taraudaient depuis les toutes premières pages donc ma lecture a été tout aussi avide, d’autant qu’on en apprenait enfin plus sur ce que voulait dire être Divergent. Néanmoins je me suis retenue une ou deux fois de lever les yeux au ciel. Certes il est de coutume qu’une héroïne soit spéciale, ou disons moins ordinaire que le reste des personnages mais plus d’une fois Tris a failli se transformer en Mary-Sue. On a compris qu’elle était mieux que les autres, pas besoin de lui coller toujours plus de qualités ou de compétences. En fait cela va de paire avec ma plus grosse frustration concernant cette saga : on sent venir les problèmes à trois kilomètres à la ronde, on voit bien qu’il y a un truc louche avec les dirigeants de la société ou avec Evelyn Johnson, et pourtant personne ne semble s’en apercevoir. Personne sauf Tris, évidemment. Cette division en faction est là pour ôter aux gens leur libre-arbitre mais est-ce que ça leur retire aussi leurs neurones ? Je n’aime pas quand un livre me fait me sentir plus idiote que les personnages mais je n’aime pas non plus qu’on tourne les personnages en dérision quand même moi en tant que lectrice je suis capable de dire que 2 + 2 font 4 alors que eux non (je schématise, évidemment). En fait ce qui me dérange là-dedans c’est que être Divergente (du moins une Divergente de haut niveau comme Tris) semble signifier être capable de penser, de rationaliser et de voir la situation dans son ensemble. C’est quelque chose qui nous vient naturellement donc j’ai vraiment du mal à imaginer que certains n’en soient pas capables.

Le troisième tome est de loin celui que j’aime le moins. J’ai eu énormément de mal à rentrer dedans principalement parce que l’histoire ne m’intéressait pas. Certes l’action est un peu longue à venir, mais j’aurais pu m’y faire. Si seulement les révélations qu’on nous fait sur le monde extérieur avaient été intéressantes … Je n’aime pas ce monde au-delà de la clôture tout comme je n’ai pas aimé ce nouveau scénario qui se dessinait à l’horizon. Donc quand Quatre a pris la mauvaise décision et que Tris a eu une fois de plus raison, là j’ai vraiment levé les yeux au ciel. Parce que ce qui s’était passé dans le tome 2 se produisait à nouveau dans le 3. Une fois de plus Tris avait raison, une fois de plus Tris avait une longueur d’avance sur les autres, une fois de plus il fallait renverser une dictature et libérer les opprimés, bla bla bla.

De plus j’ai été déstabilisée par les changements de narrateurs. Je veux dire, j’aime l’idée de voir l’action à travers les yeux de Quatre parce que ça nous permet de mieux le comprendre, de mieux saisir la façon dont il voit et appréhende les choses (même si à plusieurs reprises j’aurais préféré ne pas savoir parce qu’il a quand même quelques tendances au pathétisme …), mais parfois je ne prenais pas la peine de vérifier en début de chapitre de quel point de vue nous aborderions l’histoire cette fois, et plus d’une fois je me suis retrouvée à devoir retourner au début du chapitre pour savoir si je suivais Tris ou Quatre. Ils « parlent » bien trop de la même façon, impossible de les différencier.

Mis à part tout ça, je me suis encore plus attachée aux personnages. Que ce soit Tris, Tobias, Uriah, Christina ou même Peter, j’ai aimé les suivre, les voir évoluer, grandir, affronter la vie et passer à travers tant d’épreuves pour un si jeune âge. Veronica Roth les malmène, leur fait vivre l’enfer aller-retour et pourtant ils tiennent bon. Aux trois-quarts du livre je me suis demandé comment j’allais pouvoir me lancer dans un autre livre après celui-là. J’avais peur que les prochains héros que je suivrais ne soient pas à la hauteur. Et puis Veronica Roth a fait quelque chose que je ne m’explique pas, quelque chose que je ne comprends pas. Le final qu’elle nous offre est tellement loin de mes attentes : les gentils ont gagné, le bien règle, tout ça tout ça, on attend les arc-en-ciel, les paillettes, les poneys roses et les licornes, mais non. L’auteur balaie tous nos espoirs avec un choix qui a mes yeux n’a pas de sens. Je ne dirais rien de trop précis pour ne pas gâcher le plaisir des quelques rares hérétiques qui n’ont pas encore succombé au phénomène Divergente mais ce choix, plutôt que de me faire pleurer et compatir pour les personnages, m’a fait les rejeter en bloc. Parce qu’ils méritaient mieux, parce qu’ils méritaient autre chose. S’ils ne peuvent pas avoir leur happy-end alors je ne veux plus les connaître. Oui je sais, c’est une réaction étrange. Mais si au moins cette finalité avait un réel but ! Là j’ai vraiment eu l’impression que Veronica Roth avait fait ce choix juste pour nous surprendre, comme pour nous faire, pardonnez-moi l’expression, « un dernier coup de pute ». Ce choix a tout gâché à mes yeux et je me suis détaché des personnages à la seconde même où j’ai réalisé que ce n’était pas un simple tour de passe-passe, mais que c’était bel et bien vrai.

Une lecture en demi-teinte en ce qui me concerne, donc. En fait, j’ai vraiment le sentiment que cette fichue fin a totalement gâché l’histoire parce qu’en refermant le livre je me suis dit « tout ça pour ça ? ». J’ai un peu tiqué aussi concernant ces histoires de manipulations génétiques pour obtenir l’être humain parfait. Je ne suis pas calé en sciences (bizarrement ça n’a jamais vraiment collé entre elles et moi) donc je ne saurais pas dire s’il est véritablement possible de retirer le gêne de « la méchanceté » (même si j’en doute trèèès fortement) chez quelqu’un mais ça me parait un peu beaucoup tiré par les cheveux quand même. Sans parler du fait qu’au final être Divergent n’a rien de dangereux. Je m’attendais à tellement plus concernant cette révélation !

Bref, une fois de plus je suis passée à côté du phénomène de mode. Tout comme pour Hunger Games je ne retiendrais que le premier tome et oublierai facilement les deux autres. Dommage. A quand une saga parfaite ?

Note : 6/10

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