De l’avant – Tome 1

Flash - De l'avantAvatar Tomie (fond violet)

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Scénario : Brian Buccellato
Dessinateur : Francis Manapul
Editeur : Urban Comics
Date de sortie : 20 mars 2015
Nombre de pages : 192
Format : Intégral
ISBN : 978-2365776226
Statut : Tome 1

« Mais Manuel n’y est jamais arrivé, lui. Il essaie juste d’avoir un métro d’avance sur ses erreurs. Trop occupé à fuir ses fantômes pour remarquer les amis qu’il laisse derrière, des amis comme moi. Mais le problème c’est qu’aussi vite qu’on aille … aussi loin qu’on coure … on ne peut pas se distancer soi-même ! »

Synopsis :

Frappé par la foudre et aspergé de divers produits chimiques, l’agent de police scientifique Barry Allen devient subitement l’homme le plus rapide du monde. Il décide alors de mettre ses pouvoirs extraordinaires au service de la justice, sous l’identité du Flash. Et l’occasion d’éprouver ses nouveaux talents ne se fait pas attendre : le criminel Mob Rule vient tout juste de plonger la ville de Central City dans l’obscurité…

L’avis de Tomie :

Si je baigne dans l’univers de Batman depuis ma plus tendre enfance, je ne connais l’univers de Flash que de très, très loin. Je l’ai croisé au détour de certaines aventures de ma chauve-souris préférée, que ce soit dans le monde de l’animé ou celui des comics, je connais les grandes lignes de son histoire et j’ai vu les séries télé qui lui ont été consacrées mais je n’avais jamais eu la curiosité de lire les aventures de ce super-héros en solo. Voilà qui est chose faite ! J’admets m’être lancée dans ma lecture avec scepticisme parce que je suis habituée à ce que Wally West soit Flash (culture Batman-esque oblige) alors qu’ici nous sommes en compagnie de Barry Allen.

Notre héros a semble-t-il une vie sans histoire. Il travaille dans la police scientifique, n’a plus de famille, entame une relation avec Patty Spivot, sa collègue et amie depuis deux ans. Mais lorsque le danger menace la ville de Central City, il devient Flash, super-héros dont la vitesse lui permet de faire une multitude de choses impressionnantes. Il a appris à maîtriser ses capacités (obtenues lors d’un accident mêlant foudre et produits chimiques) seul et de manière intuitive et n’a d’ailleurs pas encore découvert toute l’ampleur de ses pouvoirs. Malgré sa double identité, la vie de Barry est relativement tranquille, du moins jusqu’à ce que surgisse au détour d’une enquête le cadavre de Manuel Lago, un ami dont il n’avait plus entendu parler depuis des années. Les choses se compliquent lorsque Manuel se révèle ne pas être aussi mort qu’il en a l’air, sans oublier qu’il est poursuivi par toute une organisation dont les compétences ne sont pas sans rappeler l’armée ou les commando spéciaux. Parallèlement, Flash va apprendre que ses pouvoirs, lorsqu’ils sont particulièrement sollicités, ouvrent des trous de ver, des failles temporelles aspirant des choses (objets comme humains) dans une époque pour les jeter dans une autre.

Le comics ne précise pas depuis combien de temps Barry a obtenu ses pouvoirs. On peut penser que c’est encore assez récent étant donné qu’il est loin de maîtriser complètement ses capacités. D’une manière générale, je dois bien admettre qu’on ne sait pas grand chose sur le héros. Il est vaguement mentionné qu’il a perdu ses parents, on sait qu’il a mis deux ans à demander à sa collègue de sortir avec lui, qu’il débute dans le monde des super-héros, mais à part ça nous n’en saurons pas plus. Ce qui est un comble lorsqu’on veut vous faire adopter un nouveau personnage. Je dois reconnaître que je n’éprouve pas grand chose pour Barry. Il parait timide, voir un peu niais, et ne m’a pas vraiment touché. Je me suis d’avantage intéressée à  Manuel Lago et ce pour une raison toute simple : on en apprend bien plus sur lui que sur le héros. Même s’il n’est pas exempt de certains clichés, au moins son personnage a-t-il une réelle profondeur, une épaisseur. On découvre avec plaisir le passé chaotique de cet homme surentraîné qui a fait pas mal de vilaines choses tout au long de sa carrière, jusqu’à laisser les scientifiques jouer avec son code génétique. Mais si au début on se laisse attendrir par Manuel, tout bascule lorsqu’il change radicalement de position (pas sûre d’avoir saisi pourquoi, d’ailleurs) et décide d’embrasser la cause qu’il essayait pourtant de fuir jusque là (sa route croisera à nouveau celle de Flash un jour, je n’en doute pas une seule seconde). Les hommes qui poursuivent Manuel parviennent à le capturer et le sort qu’ils lui réservent fini par priver toute la ville de courant, ce qui va déclencher le second arc de De l’avant.

La ville n’a plus d’électricité depuis deux mois lorsque Captain Cold entre en jeu. Méchant dont je ne sais pas grand chose à l’origine, il m’a fallu recoller les morceaux ici et là pour essayer d’avoir une vue d’ensemble mais tout cela reste assez flou. Captain Cold ne me semble pas appartenir à ses méchants qui vous marquent l’esprit (mais je le répète : de base je ne le connais pas !) ou qui vous impressionnent. Sa raison pour attaquer la ville est néanmoins sinon justifiée, compréhensible : la ville n’ayant plus de courant, l’hôpital ne peut pratiquer l’opération censée sauver la vie de sa sœur. Mettant tout ça sur le compte de Flash, il va semer le chaos sur la ville et provoquer notre héros. S’en suit un combat où Flash repousse les limites de ses capacités jusqu’à ouvrir une autre faille temporelle qui cette fois va aspirer aussi quelques innocents au passage. Je vous passerai les détails sur toute la partie culpabilité du héros, je ne vous cache pas que malgré toute la bonne volonté du scénariste, ça sent le réchauffé.

J’ai été un peu agacée dans le dernier quart par tous ces changements de point de vue. D’une double page à une autre on navigue dans le temps (hier, la nuit dernière, maintenant, il y a quinze minutes, …) donc forcément on passe d’un évènement à un autre. Là où il y a vraisemblablement une intention de donner une sensation de vitesse, je ne garde qu’un agacement et une frustration par ces scénettes qui viennent au final ralentir l’action principale, à savoir l’affrontement entre Flash et Captain Cold.

De plus De l’avant m’a perdu dans les dernières pages, lorsqu’a commencé à se mettre en place un troisième arc. Flash part à la recherche de ces personnes aspirées par la faille en passant d’un univers à un autre (ce a quoi je dis oui) mais atterri dans un espace temps où les gorilles règnent en maîtres (ce à quoi je dis non). J’aime la science-fiction mais jusqu’à un certain point, et quand un super-héros se met à rencontrer des gorilles au cerveau surdimensionné et dont la hiérarchie se base sur la violence, là je dis stop. Il aurait croisé des licornes ou une bande de leprechauns, ça m’aurait fait le même effet. Je n’aime pas quand un comics par dans tous les sens. Je n’ai rien contre les réalités alternatives mais j’aime que mes comics restent crédibles (oui j’ai conscience d’être en plein paradoxe puisque je suis prête à accepter qu’un mélange foudre + produits chimiques créé un héros mais je refuge un peuple fait de gorilles. Je n’ai jamais prétendu être logique ou sensée).

S’il y a une chose que j’ai été heureuse de découvrir c’est celle-ci : De l’avant ne se contente pas de nous montrer un Flash doté d’une super vitesse qui lui permet de marcher sur l’eau ou de faire le tour du globe en un battement de paupières. Brian Buccellato est parti du principe qu’il n’y avait pas de raison que seul le corps de Barry Allen ait été affecté par ses nouveaux pouvoirs, pourquoi ne serait-ce pas également le cas pour son cerveau ? Avec un peu d’entraînement, Flash découvre qu’il peut également penser à la vitesse de la lumière, ce qui le dote de nouvelles capacités pour l’aider à lutter contre le crime. J’ai également été ravie de voir qu’il peut bouger toutes les cellules de son corps à une vitesse inimaginable au point de les « fractionner » pour pouvoir fusionner avec un avion, là je dis wahou !

Deuxième point fort de ce comics : les graphismes ! Les traits des personnages secondaires sont certes épurés mais largement suffisant pour leur conférer de l’intérêt. L’astuce trouvé par Francis Manapul pour le costume de Flash est intéressant (déjà bien plus crédible que cette histoire de combinaison pliée en quarante-douze jusqu’à le faire tenir dans une bague …) et graphiquement belle. J’ai adoré ces pleines pages où notre héros se retrouve au cœur d’une explosion, les dégradés de jaune, de orange et de rouge sont juste magnifiques ! Sans parler de ces couleurs … flash ! 😉 Un style qui alterne planches hautes en couleurs et planches sombres selon le degré d’angoisse ou d’inquiétude que veut nous faire ressentir le dessinateur. Les découpages donnent une impression de vitesse, ce qui est tout à fait en accord avec le super-héros.

Je l’admets, Flash ne m’a jamais intéressé parce que je ne comprenais pas comment on pouvait écrire des scénarios crédibles et surtout intéressants sur un mec qui ne fait « que » courir à la vitesse de la lumière. Avec ses nouvelles attributions, Brian Buccellato m’a donné envie d’approfondir l’univers de Flash mais certainement pas avec cette histoire là ! Pas de résumé sur le héros ou du moins d’avant propos pour m’aider à le connaître, pas de dialogue percutant, un héros un peu fade, un scénario qui ne m’a pas convaincu. Bref, le tome 2 devra se passer de moi.

Note : 3/10

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